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La lycéenne qui voulait mettre fin à l'école buissonnière lance une nouvelle appli

Philippine Dolbeau a créé New School il y a deux ans, alors qu'elle était encore lycéenne.

Philippine Dolbeau a créé New School il y a deux ans, alors qu'elle était encore lycéenne. - BFM Business

Philippine Dolbeau s'est lancée dans l'entrepreneuriat en 2015, à l'âge de 16 ans, en développant une solution pour faire l'appel en classe automatiquement. Aujourd'hui, bac en poche, elle entend poursuivre ses études et continuer à développer sa jeune entreprise.

L'heure de la rentrée a sonné. Ce lundi, professeurs et instituteurs vont rencontrer leurs nouveaux élèves et se livrer à un incontournable rituel: l'appel. Certaines écoles privées ont décidé d'alléger leurs équipes de cette tâche, en adoptant la solution New School développée par Philippine Dolbeau. Alors encore lycéenne en section littéraire, cette jeune entrepreneuse a développé un système d'appel électronique grâce à un badge porté par les élèves. Ce cahier d'appel électronique n'a pas rencontré que des échos positifs, certains l'accusant notamment de vouloir fliquer les élèves.

"On a parlé de bracelet connecté, ce qui n'était pas du tout le cas. Très rapidement des chefs d'établissement nous ont contactés, des élèves, des professeurs. New School s'est développé et le buzz a été beaucoup plus positif", explique Philippine Dolbeau sur le plateau de BFM Business.

Avec deux années de recul, elle estime que ce bad buzz a eu des retombées positives. "Cela est nécessaire dans le développement d'une start-up. Quand on est comme moi et que l'on a un profil un peu différent, il faut se faire connaître, il faut faire connaître la start-up, il faut qu'elle se développe. Moi j'adore, cela fait partie du travail." Puis d'ajouter: "C'est une mission aussi de prouver que l'on peut être en filière littéraire, que l'on peut avoir entre 15 et 18 ans et que l'on peut entreprendre. C'est un beau message que je veux faire passer".

Rénover les systèmes d'enseignement

La jeune entrepreneuse a planché sur de nouveaux développements pour sa start-up et propose d'autres services. "On vient de sortir une nouvelle application mobile qui s'appelle Newschool teachers. Hier on était 15èmes du classement sur les téléchargements d'application de l'App Store éducation", s'enthousiasme Philippine Dolbeau.

Le but de l'appli est d'encourager les élèves et de les aider à s'améliorer au travers d'un système de gratifications. "C'est le système des bons points. Quand vous étiez petit vous aviez dix bons points et vous aviez alors une image. Nous on le digitalise et quand vous avez ces dix bons points vous recevez par mail une image ou du contenu éducatif, des vidéos, des accès à des applications pour continuer à apprendre facilement", énumère la jeune entrepreneuse. Les contenus sont fournis par des partenaires. "On invite des start-up, des sociétés à proposer leurs contenus sur nos badges et nous on les diffuse aux enseignants et aux élèves", ajoute la créatrice de New School. C'est d'ailleurs au travers de ces partenariats que la start-up compte, un jour, dégager des revenus. L'application est entièrement gratuite pour les enseignants et les chefs d'établissements.

Étudiante et entrepreneuse de front

"L'éducation nationale a besoin de travailler avec des start-up, des entreprises pour se développer et rajeunir son image. Car aujourd'hui c'est un peu la critique qui lui est faite, que l'on ressasse toujours un même système qui ne fonctionne pas vraiment. On l'a vu avec APB (le système d'admission post bac, NDLR). Si l'on fait appel à des start-up on pourra moderniser l'éducation", prêche Philippine Dolbeau.

D'ailleurs, elle a été elle-même victime des failles du système d'admission post bac. Ce qui lui a inspiré un rapport d'une vingtaine de pages, co-écrit avec ses camarades, où elle détaille des voies d'amélioration pour mieux aiguiller les bacheliers vers les filières de l'enseignement supérieur. "On l'a remis au ministère de l'Éducation la semaine dernière, qui a d'ailleurs annoncé abandonner APB et qui travaille sur un logiciel d'orientation", glisse la créatrice de New School. À titre personnel, l'entrepreneuse ne compte rien lâcher: "Je pars à Londres dans quelques semaines pour suivre des études et continuer à entreprendre", conclut-elle.

C.C.