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La coûteuse couverture média des Jeux Olympiques

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- - Ed Jones (AFP)

Pour les 30.000 médias qui ont couvert les jeux, retransmettre l’actualité liée à cette compétition sportive internationale a représenté des recettes considérables mais a nécessité en parallèle de coûteux moyens.

Incertitude de résultats, attachement parfois viscéral aux clubs et starification des athlètes… Pour les médias, quel meilleur cocktail qu’une grande compétition sportive ? La plus regardée d’entre elles, les Jeux olympiques, est donc un moteur formidable pour booster les audiences et séduire les annonceurs. "Les compétitions sportives deviennent des événements planétaires, et le sport une véritable industrie (…). Les médias à la fois alimentent l'essor du sport et s'arrachent les droits de retransmission en perpétuelle augmentation, tout en attirant d'importants sponsors de tous secteurs", expliquait d’ailleurs le journaliste de Radio France Denis Astagneau, lors d’une table ronde au Sénat.

Le sport est devenu vital pour de nombreux médias, en particulier audiovisuels, dont les chaînes payantes et les bouquets satellitaires, qui l’utilisent comme puissant produit d’appel pour capter des abonnements. D’après Les Echos, les chaînes tricolores auraient dépensé 65 millions d’euros pour couvrir les Jeux Olympiques de Londres en 2012, droits de diffusion et coût des moyens techniques confondus.

Un ratio de trois journalistes pour un athlète

Les investissements médiatiques sont devenus tels qu’en une vingtaine d’années, "les médias et la télévision en particulier sont devenus la première source de revenu du sport professionnel, devant la billeterie spectateurs et les revenus sponsors, soulignait lors de cette table-ronde Wladimir Andreff, professeur en Sciences économiques à Paris I, Président de l'International Association of Sports Economists. 

Dans ce contexte, la couverture d’une compétition comme les Jeux Olympiques de Rio a sollicité des dépenses considérables pour les médias du monde entier. Plus de 30 000 d’entre eux couvrent les Jeux Olympiques et paralympiques. En France, France Télévisions y a dédié quelques 70 journalistes.

Au Brésil, le ratio de journalistes dépêchés sur place a été d’environ trois professionnels de l’information pour un athlète. Le groupe d’informatique Atos, partenaire du CIO, fournit à ce titre des moyens techniques aux médias. "Nous mettons à disposition plusieurs systèmes. En premier lieu desquels, celui destiné aux commentateurs sportifs, sur place ou à l’étranger, où ils trouvent les informations au sujet des performances et du parcours de chaque athlète en temps réel", décrit Angels Martin Munoz, Directrice générale Jeux Olympiques chez Atos pour la période 2018-2024.

Golf, tennis et athlétisme parmi les plus gros producteurs de données

Pour retransmettre l’étendue des performances sportives et les faire ressentir aux spectateurs, les médias nécessitent des outils de mesure précis. Quantifier les performances aide à rendre compte de leur caractère exceptionnel. "Notre système gère en temps réel les statistiques. Parmi les sports présents aux JO, le golf, le tennis et l’athlétisme figurent parmi les sports où il y a le plus de données quantifiable", souligne Angels Martin Munoz.

Il ne s’agit pas seulement de se concentrer sur les résultats, mais aussi sur la biographie des athlètes, la classification, le nombre de passes, la vitesse des échanges, etc. De quoi nourrir les commentaires des milliers de journalistes couvrant la compétition. Et par ce biais, d’alimenter les audiences des centaines de médias pour lesquels ils travaillent.

Adeline Raynal