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L'Europe veut mettre en place un cadre légal pour les robots

L'usage des robots se répand dans la société. La députée européenne Mady Delvaux veut légiférer pour qu'ils ne pénalisent pas les humains.

L'usage des robots se répand dans la société. La députée européenne Mady Delvaux veut légiférer pour qu'ils ne pénalisent pas les humains. - Jung Yeon-Je - AFP

Mady Delvaux, une députée luxembourgeoise au Parlement européen, propose d’établir un cadre légal pour les robots. Son texte audacieux et avant-gardiste vient d’être adopté.

Les robots posent de plus en plus question. Ces machines alimentées par le big data afin de développer une intelligence artificielle vont prendre de plus en plus de responsabilités sur les routes, dans les entreprises et dans les hôpitaux. Mady Delvaux, membre de la commission juridique du Parlement européen, a rédigé un rapport pour encadrer leur expansion dans la société. Ce texte avant-gardiste vient d’être adopté en première lecture par le Parlement européen et passera en assemblée plénière le 13 février. "Je pense qu’il s’agit là du plus grand défi pour notre société […]. Nous ne savons pas à l’heure actuelle comment la situation va évoluer", a déclaré la députée européenne dans un entretien publié par le Parlement européen.

Et s’il n’y a pas urgence, elle estime néanmoins qu’il convient de ne pas traîner afin d'éviter que "chaque État-membre ne mette en œuvre sa propre législation. Pour rester à la pointe en matière de robotique, l’Europe doit disposer de normes communes".

Des idées partagées par Elon Musk et Benoît Hamon

Dans son rapport, Mady Delvaux traite de la conséquence de la robotisation sur l’emploi. Pour elle, leur arrivée dans les entreprises est inéluctable et pour ne pas pénaliser l’économie qui pourrait se voir privée des revenus issus du travail, elle propose l’instauration d’un revenu universel et la modification des systèmes de sécurité sociale. "Si de nombreuses personnes perdent leur emploi à cause des robots, il faudra leur assurer une vie décente. Nous invitons les États-membres à y réfléchir", affirme la députée luxembourgeoise. Cette idée, que partage également Elon Musk, fondateur de Tesla et de SpaceX, a même été reprise par Benoît Hamon dans son programme.

Elle aborde également la question de la responsabilité, notamment dans les transports avec les véhicules autonomes. "Nous sommes face à deux possibilités. Le principe de la responsabilité stricte propose que le fabricant soit responsable, car il est le mieux placé pour limiter de potentiels dommages". L’autre serait d’évaluer les risques et de créer "une forme de compensation à laquelle toutes les parties pourraient contribuer".

"Le robot n’est pas un être humain"

Mais au-delà de l’aspect administratif, Mady Delvaux se penche aussi sur la relation entre le robot et l’humain. "L’émergence de robots de plus en plus autonomes nécessite d’envisager de conférer aux robots une 'personnalité électronique'". Est-ce une manière de se préparer à l’humanisation de ces "êtres"? Pas vraiment. "Le robot n’est pas un être humain et il n’en sera jamais un", affirme-t-elle en proposant d’éviter de créer des humanoïdes dans les services de soins. "S’il peut montrer de l’empathie, il n’en ressent pas". Elle propose donc "la création d’une charte visant à empêcher les personnes de devenir émotionnellement dépendantes à leurs robots".

Cela nous empêchera-t-il de ressentir une certaine sympathie pour les machines? Pas si sûr. Lors des tests de stabilité, un ingénieur de Boston Dynamics faisait des croche-pieds à un robot à l’aspect effrayant. Malgré son apparence inquiétante, les internautes se sont émus de son sort allant même jusqu'à comparer ce traitement à une forme de torture.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco