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L'Etat peut-il sauver les brevets d'Alcatel?

Alcatel pourrait perdre ses brevets si le groupe ne rembourse pas le prêt qu'il s'apprête à contracter.

Alcatel pourrait perdre ses brevets si le groupe ne rembourse pas le prêt qu'il s'apprête à contracter. - -

Deux solutions seraient actuellement envisagées par le gouvernement afin d'éviter qu'Alcatel-Lucent ne se retrouvent dans l'obligation de livrer ses précieux brevets à ses créanciers, Goldman Sachs et consorts.

Mais quelle idée a donc l’Etat derrière la tête? Une chose est sûre, le dossier épineux d’Alcatel–Lucent fait travailler les méninges des fonctionnaires de Bercy.

Le gouvernement français craint, en effet, qu'Alcatel-Lucent ne perde la propriété de ses brevets, suite à l'accord de crédit de 1,6 milliard d'euros conclu par l'équipementier télécoms avec Crédit suisse et Goldman Sachs.

Selon Les Echos, la plus grande hantise du gouvernement serait que ce gage ne permette aux banquiers de s'emparer de brevets estimés à cinq milliards d'euros. Du coup, il chercherait un moyen d'éviter ce prêt.

Vers une participation de l'Etat?

Bercy travaillerait ainsi sur deux pistes. La première consisterait à faciliter des cessions d'actifs supplémentaires à un regroupement d’industriels, dans l'activité entreprise ou dans les communications sous-marines. Une participation de l’Etat, via le Fonds stratégique d’investissement (FSI), n’est pas exclue.

La deuxième option porterait sur la création d'un consortium de valorisation des brevets. Une stratégie de vente de contrats de licence pourrait ainsi permettre à Alcatel-Lucent de garder ses brevets tout en tirant bénéfice de ces derniers.

Le gouvernement s'active en coulisses

Malgré tout, la tâche s’annonce compliquée pour l’Etat français, qui pourra difficilement garantir les fonds dont aura besoin Alcatel-Lucent au cours des trois prochaines années.

En attendant, les tractations en coulisses se font de plus en plus intenses, et la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, a multiplié les contacts informels afin de mettre d'accord Bercy, l'Elysée, Matignon et la Caisse des Dépôts (CDC), précisent Les Echos.

Tout cela afin d’éviter la chute de ce qui était il y a encore quelques années une des plus grandes entreprises mondiales du secteur.

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