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L'État gardera la gestion des trains Intercités, bien qu'épinglée par la Cour des comptes

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L'Etat va continuer à soutenir les "trains d'équilibre du territoire" (TET, Intercités et trains de nuit) quand bien même la Cour des comptes lui conseille de se désengager totalement de leur gestion, a affirmé ce jeudi la ministre des Transports Élisabeth Borne.

Pointée par le rapport 2019 de la Cour des comptes en raison de son déficit et de l'hétérogénéité des lignes SNCF concernées, la gestion par l'État des trains "d'équilibre du territoire" (TET) restera... dans le giron de l'État. Ces TET (cf infographie ci-dessous) représentaient en 2017 un déficit cumulé de 163 millions d'euros. L'État paie en outre plusieurs centaines de millions d'euros de péages et d'aides pour les autres lignes régionales (TER) reprises par les régions comme la Normandie ou le Grand Est.

"C'est un petit peu curieux, parce que la Cour des comptes nous dit, ces trains coûtent de l'argent. Eh bien oui, ces trains coûtent de l'argent, je vous le confirme, ce sont des trains d'aménagement du territoire", a relevé Élisabeth Borne sur Sud Radio.

"Je vous le dis franchement, on ne peut pas avoir que des approches comptables, il y a des enjeux d'aménagement. (...) J'assume parfaitement qu'on mette de l'argent de l'Etat pour soutenir ces trains", a martelé la ministre pour qui "ces liaisons sont très importantes", et "qu'il faut effectivement soutenir ces trains". "On va continuer à moderniser ces lignes", a-t-elle ajouté.

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Dans son rapport annuel publié hier mercredi 6 février, la Cour des comptes estimait que l'État "paraissait mal armé" pour gérer les TET qu'il a gardés. Sont concernés les "lignes structurantes" Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), Paris-Clermont et Bordeaux-Toulouse-Marseille, les "lignes d'aménagement du territoire" Nantes-Lyon, Nantes-Bordeaux et Toulouse-Hendaye, ainsi que les trains de nuit Paris-Briançon et Paris-Rodez/La Tour-de-Carol/Cerbère.

Le gouvernement s'est lancé dans un vaste programme de renouvellement et de modernisation du matériel roulant. D'importants travaux sont en outre au programme sur certaines lignes, notamment sur Paris-Toulouse.

Sur deux de ces axes, le gouvernement a entamé le processus d'ouverture à la concurrence de Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux, avec pour objectif de passer une convention avec un nouvel opérateur qui ferait rouler ses trains en 2022.

Frédéric Bergé avec AFP