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John Chambers, 20 ans à la tête de Cisco, va se retirer

John Chambers, de passage à Paris mi-février 2015, s'est engagé à investir 100 millions de dollars dans des start-up françaises.

John Chambers, de passage à Paris mi-février 2015, s'est engagé à investir 100 millions de dollars dans des start-up françaises. - AFP Bertrand Guay

Le plus ancien PDG en place chez un géant de la Silicon Valley a fait de Cisco le roi des réseaux basés sur Internet. Après les années de croissance folle, il a dû aussi licencier.

Fin de partie pour le PDG de chez Cisco, dont il a fait un poids lourd du secteur technologique. Après 20 ans à la tête du spécialiste incontesté des réseaux basés sur les technologies de l'Internet, John Chambers, 65 ans, passera les rênes cet été.

Après la transition, prévue pour le 26 juillet, il conservera seulement le poste de président exécutif du conseil d'administration et se concentrera sur les relations avec les gouvernements et les grands clients.

Le successeur, Chuck Robbins, a été recruté en interne et est âgé de 49 ans. Il aura la lourde tâche de succéder à l'un des derniers patrons des "vieux géants technologiques des années 1990" à être encore en place.

Les experts de Cantor Fitzgerald rappellent que, pour beaucoup d'acteurs du marché, "John Chambers est le seul directeur général de Cisco que Wall Street a connu".

Cisco a surfé sur le marché des entreprises et des opérateurs

Il avait rejoint Cisco en 1991 comme responsable des ventes, après notamment un passage chez le groupe informatique IBM. Devenu directeur général dès janvier 1995, il a largement contribué à faire de Cisco la multinationale qu'elle est aujourd'hui.

Sous sa direction, le chiffre d'affaires grimpait de 1,2 milliard de dollars en 1995 à 48 milliards attendus cette année et le nombre de salariés de moins de 4.000 à plus de 70.000.

La firme californienne est réputée pour ses fortes marges bénéficiaires, engendrées par une politique de prix élevés, pratiqués auprès des moyennes et grandes entreprises et des opérateurs télécoms, ses principaux clients.

Le PDG de Cisco a dû supprimer 18.000 emplois depuis 2011

Ces dernières années, Cisco a toutefois été confronté à un ralentissement de ses activités traditionnelles (routeurs, commutateurs de réseaux). Il a aussi assumé près de 18.000 suppressions d'emplois entre 2011 et 2014 et dû renoncer à une tentative de diversification dans les produits grand public avec la marque Linksys.

Sur le dernier exercice annuel clos fin juillet 2014, le chiffre d'affaires avait encore reculé de 3% et le bénéfice net de 21%. Néanmoins, ses derniers résultats trimestriels connus, début 2015, montraient un réel redressement.

John Chambers s'est efforcé d'orienter le groupe sur des créneaux jugés plus porteurs comme par exemple le cloud, la sécurité informatique ou les applications liées aux objets connectés.

Son successeur devrait poursuivre cette transformation, fort de ses 17 ans d'expérience chez Cisco. Chuck Robbins a gravi progressivement les échelons jusqu'à son dernier poste en date, vice-président en charge des opérations mondiales, où il supervisait notamment les équipes commerciales.

Frédéric Bergé