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"Je ne suis pas évincé de Qwant", affirme son patron, Eric Léandri

Eric Léandri

Eric Léandri - -

Le fondateur du moteur de recherche français explique sur le plateau d'Inside les raisons qui le font quitter la direction opérationnelle du groupe.

Avis de tempête pour Qwant, le moteur de recherche made in France qui respecte la vie privée des utilisateurs? On apprenait ce jeudi le départ de la direction exécutive du groupe d'Eric Léandri, fondateur et dirigeant historique du service.

Reconnue pour sa technologie maison, l'entreprise a notamment échoué à développer un chiffre d'affaires à la mesure de ses ambitions: 10 millions d'euros en 2019 bien loin des 30 millions prévus en 2018 (selon une source proche du dossier citée par l'AFP) et ce malgré une utilisation croissante dans des entreprises du CAC 40 et dans l'administration. Cet échec commercial a-t-il poussé les actionnaires principaux (la Caisse des dépôts et le groupe allemand Axel Springer) à pousser le dirigeant vers la sortie?

Invité sur le plateau d'Inside, Eric Léandri revient sur cette question. "Je ne suis pas du tout évincé, tout va bien", insiste-t-il. "Je suis le président du conseil stratégique et scientifique, je suis aussi le deuxième plus gros actionnaire de Qwant et puis je suis au conseil de gouvernance. Tout ça pourquoi ? Tout ça pour passer à la suite".

Element de souveraineté nationale

"On a passé 9 ans à créer Qwant, 9 ans à travailler à créer un vrai moteur de recherche, 9 ans à innover (...) tout cela c'est de la création, de la recherche, c'est trouver un chemin, on l'a trouvé ce chemin. (...) On va passer maintenant à la monétisation, à l'accélération de la croissance qui est déjà très bonne (...) et maintenant cette monétisation nécessite des gens capables de s'occuper de monétiser, de focuser sur l'exécution et vous savez, un créateur est quelqu'un qui aime créer, construire et imaginer, c'est pas toujours le meilleur pour exécuter et je suis très fier d'avoir Jean-Claude (Ghinozzi qui était directeur général adjoint et est promu PDG, NDLR) qui prend cette présidence. Ca fait déjà un petit moment qu'on en parle entre nous". "L'exécution, c'est une affaire de spécialistes", insiste-t-il.

Qwant va par ailleurs être recapitalisée par la Caisse des dépôts et le groupe allemand Axel Springer, qui détiennent déjà ensemble au moins 35% du capital.

"Nous sommes en train de finaliser un tour de table qui se terminera fin février dans lequel les deux actionnaires remettent parce qu'ils sont à fond maintenant sur la nouvelle stratégie, ils sont complètement rassurés à tel point que le président du conseil de gouvernance Antoine Troesch, le patron de la Banque des Territoires (groupe Caisse des dépôts, NDLR) qui prend la présidence de ce conseil, avec Jean-Claude qui prend la présidence de Qwant, et puis moi je prend la présidence du conseil stratégique et scientifique et avec tout ça on a Qwant lancé sur des chapeaux de roues pour une année 2020 qui est celle de la monétisation".

Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, la Caisse des dépôts et Axel Springer devraient détenir ensemble aux alentours de 40% du capital après l'opération, le reste revenant à Eric Leandri et à ses cofondateurs. 

Qwant estime sa part du marché français des moteurs de recherche à plus de 4%, mais les sites Statscounter et Similar Web lui attribuent des parts de marché inférieures, autour de 1%. Mais la fréquentation du moteur devrait être dopée par la décision du gouvernement de l'installer comme moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs et smartphones de l'administration. Une décision officialisée ce jeudi faisant de Qwant un "élément de souveraineté nationale".

Olivier Chicheportiche