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Intel mise 16 milliards de dollars sur une firme méconnue mais rentable

L'industrie des semi-conducteurs est engagée dans un vaste mouvement de concentration. Le PDG d'Intel, Brian Krzanich, a décidé de racheter une firme spécialisée.

L'industrie des semi-conducteurs est engagée dans un vaste mouvement de concentration. Le PDG d'Intel, Brian Krzanich, a décidé de racheter une firme spécialisée. - Ethan Miller-Getty Images North America-AFP

Soucieux de se diversifier hors des PC et des mobiles, Intel va réaliser le plus gros rachat de son histoire. Sa proie: Altera, une firme de composants électroniques spécialisés.

Qui a entendu parler d'Altera ? Le nom de cette firme américaine a peu essaimé en dehors des milieux de l'industrie électronique. Et pourtant, Intel va la racheter pour plus de 16,7 milliards de dollars, sa plus grosse acquisition à ce jour.

Intel, qui avait déjà approché Altera en avril, offre ainsi 54 dollars par action. Le prix unitaire, qui est identique à celui proposé par Intel en avril, représente une prime de 10,54% comparé au cours de clôture vendredi soir à Wall Street de l'action Altera, connu pour ses composants reprogrammables.

Altera apportera à Intel son savoir-faire dans les circuits électroniques, qui peuvent être reprogrammés pour exécuter des tâches spécifiques intéressant des secteurs comme le militaire, l'automobile ou les télécommunications. Ses clients ont pour nom Audi, Huawei ou Ericsson.

Pour Intel, cette acquisition aurait l'avantage de diversifier son activité hors des marchés des composants électroniques pour PC, déclinant, et du téléphone mobile, soumis aux pressions sur les marges par les fabricants de smartphones.

La cible d'Intel présente des résultats 2014 florissants

En outre, Altera affiche des résultats florissants. La firme a réalisé un chiffre d'affaires annuel de 1,9 milliards de dollars sur son exercice 2014, en hausse de 12 %, pour un bénéfice net de 472 millions de dollars, soit presque 25 % de marge nette rapportée au chiffre d'affaires.

Plus généralement, l'industrie des semi-conducteurs fait face à une hausse des coûts de production et la course à la taille devrait aider à les réduire. Mais aussi à peser dans les négociations commerciales avec les clients et à proposer des portefeuilles diversifiés, selon les analystes. 

Ces derniers mois, la consolidation dans cette industrie s'est ainsi accélérée. La société Avago Technologies, ex-activité de composants électroniques de HP, vient de mettre la main sur la société américaine Broadcom, spécialiste des composants pour les réseaux de télécommunications, pour près de 37 milliards de dollars.

Quelques semaines plus tôt, NXP (ex-activité composants électroniques de Philips) a mis 11,8 milliards de dollars sur la table pour racheter Freescale Semiconductor (ex-Motorola).

Frédéric Bergé