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Immigration: Google, Facebook, Apple, Netflix, Uber, Tesla et Microsoft contre Trump

Les dirigeants de la Silicon Valley ont vivement réagi au décret anti-réfugiés de Donald Trump.

Les dirigeants de la Silicon Valley ont vivement réagi au décret anti-réfugiés de Donald Trump. - Drew Angerer - AFP

Les dirigeants des grands groupes technologiques haussent le ton contre la décision du président américain et rappelle que la Silicon Valley ne serait pas ce qu’elle est sans l’immigration.

En signant son décret, Donald Trump semble avoir oublié un détail. La plupart des dirigeants des plus grosses entreprises de la Silicon Valley sont issus de l’immigration. Sundar Pichai, CEO de Google, et Satya Nadella, PDG de Microsoft, sont d’origine indienne, sans oublier évidemment Steve Jobs qui était le fils d’un immigré syrien. Au vu du caractère plutôt emporté du cofondateur d'Apple, sa réaction face à la décision de Donald Trump aurait pu avoir des conséquences historiques pour l’économie américaine.

Mais au-delà de cela, c’est aujourd’hui toute la Silicon Valley, qui emploie des milliers de travailleurs étrangers, qui craint pour son devenir. Impossible d’adopter une stratégie globale, et se limiter aux talents locaux. Et désormais, le décret qui restreint l'immigration aux États-Unis creuse un peu plus le fossé entre les dirigeants américains et Donald Trump. Dès samedi, de nombreux voyageurs ont été bloqués à leur entrée aux États-Unis, ou interdit de prendre leur vol à destination de l'Amérique. Air France a déjà bloqué 15 personnes qui devaient se rendre à New-York.

Tim Cook: "Apple n'existerait pas sans l'immigration"

Après l’alerte lancée par le patron de Google à ses salariés étrangers, les autres dirigeants de la Tech ont lancé une offensive inédite. Dans une note que s’est procurée l’AFP, Tim Cook, PDG d’Apple, connu pour son calme et sa volonté d’arrondir les angles, s’est même lancé dans une diatribe inhabituelle. "Apple n'existerait pas sans l'immigration" rappelle le dirigeant au président américain. Idem pour Reed Hastings, patron de Netflix, qui réagit sur Facebook: "Il est temps de joindre les mains pour protéger les valeurs américaines de liberté et d'opportunité", tout en signalant que "Les mesures de Trump affectent les employés de Netflix à travers le monde".

Même Elon Musk, d’origine sud-africaine, a réagi alors qu'il affichait récemment son soutien à la politique de Donald Trump, comme le notait le New York Times dans son édition de vendredi. Dans un tweet, le patron de Tesla et de SpaceX indique que "beaucoup de gens sont affectés par cette politique" alors qu’ils sont "de puissants partisans des États-Unis. Ils ont apporté de bonnes choses et n’ont rien fait de mal. Ils ne méritent pas d'être rejetés".

Quant à Microsoft, elle a prévenu dès jeudi dernier que les restrictions à l'immigration pourraient affecter sa capacité à pourvoir tous les postes dans ses équipes de recherche et développement (R&D), ce qui serait négatif pour l'innovation. Mais au-delà de l’aspect financier, Satya Nadella, habituellement réservé sur la politique, a tenu à rappeler un point : "En tant qu'immigré et PDG, j'ai conscience de l'impact positif que l'immigration a sur notre entreprise, sur le pays et sur le globe".

Travis Kalanick (Uber) propose de conseiller Donald Trump.

Les entreprises de la Tech essaient désormais de parer à l'urgence. Elles ont déjà mis en place des cellules juridiques et d'assistance pour aider leurs salariés et réorganisent leurs équipes. "Nous sommes en train de déterminer l'impact sur nos effectifs et de voir la meilleure façon de les protéger eux et leurs familles", a précisé Facebook à l'AFP.

Pour faire face à l'urgence, Brian Chesky, cofondateur et PDG d’Airbnb, vient d'annoncer sur Twitter que son groupe logera gratuitement les personnes bloquées à l’étranger.

Travis Kalanick, le patron d'Uber, dont nombre de chauffeurs travaillant pour sa plateforme proviennent des pays concernés par le décret de Donald Trump, a décidé de réagir. Il s'est engagé à soulever la question lors d'une réunion prévue vendredi à Washington d'un cénacle de grands patrons américains mis en place par le président américain pour le conseiller sur sa politique économique. Il rappellera certainement le poids économique des entreprises de la nouvelle économie et le risque de les fragiliser.

Pascal Samama avec AFP