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I-boycott, le projet qui pourrait faire trembler les multinationales

À la demande des internautes, cette plateforme citoyenne organisera bientôt de vastes campagnes de boycott, visant des entreprises impliquées dans des scandales éthiques.

Au coeur d'une polémique concernant l’accès de son magasin saoudien aux femmes, Starbucks essuie depuis quelques jours une vague de critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Et les appels au boycott du groupe américain se multiplient, même si ces initiatives se déploient plutôt en ordre dispersé.

Un constat à l’origine du projet i-boycott, qui devrait naître en juin prochain grâce au crowdfunding (plus de 11.000 euros récoltés à ce jour). Le concept est simple: cette "plateforme citoyenne" se propose, à la demande d’internautes, d’orchestrer une vaste campagne virale de boycott (appeler à ne plus acheter les produits d’une entreprise) ou de "buycott" (appeler à acheter les produits d’une ou plusieurs entreprises considérées comme plus responsables).

"Il arrive souvent d’être scandalisé par des acteurs économiques, sans pour autant posséder de levier pour agir. Car tous ces scandales ont une seule et unique motivation: l’argent", résume Levent Acar, cofondateur de la plateforme. "Le boycott est en ce sens un outil citoyen et pacifique".

"Notre but n’est pas de nuire, mais d’inviter les entreprises à évoluer"

Concrètement, la campagne sera déclenchée chaque fois que le seuil de 1.000 "boycottants" sera franchi. Elle s’appuiera essentiellement sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, où le compte d’i-boycott compte déjà près de 10.000 membres. Mais aussi grâce à des "partenaires" influents, tels que Mr Mondialisation (plus de 700.000 membres) ou Alternatives non violentes.

Pour chaque cas, i-boycott proposera un droit de réponse à l’entreprise incriminée, puis le transmettra aux internautes. Ces derniers devront ensuite voter pour ou contre la poursuite du boycott. "Notre but n’est pas de nuire, mais d’inviter les entreprises à évoluer", assure Levent Acar.

Les administrateurs se réservent également un droit de véto, notamment pour garantir que les revendications affichées respectent la loi. Appeler au boycott d’un pays est, par exemple, interdit par la circulaire dite "Alliot-Marie" de 2010.

Y.D.