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Huawei: Pékin appelle Paris à garantir un environnement "équitable" aux entreprises chinoises

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Huawei - DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

L'Anssi a annoncé son intention de limiter à huit ans maximum les licences d'exploitation de la 5G pour les opérateurs français qui utiliseraient les équipements de Huawei.

La Chine a appelé lundi la France à garantir un environnement "équitable et non discriminatoire" à ses entreprises, après la décision de Paris de restreindre fortement les autorisations d'exploitation des opérateurs partenaires du groupe chinois Huawei.

L'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (Anssi) a fait savoir qu'elle limiterait à huit ans maximum les licences d'exploitation de la 5G, la cinquième génération de l'internet mobile, pour les opérateurs français SFR (groupe Altice, propriétaire de BFM Business) et Bouygues Telecom, qui utilisent déjà les équipements du géant privé chinois des télécommunications.

Interrogé lors du point de presse quotidien du ministère chinois des Affaires étrangères, le porte-parole Zhao Lijian a émis l'espoir que la France "observe une attitude objective et juste, respecte les lois du marché et la volonté des entreprises". Il a appelé Paris à "prendre des mesures concrètes pour mettre en place un environnement ouvert, équitable et non discriminatoire pour les entreprises de tous les pays, y compris les entreprises chinoises".

Pas de "bannissement total"

Huawei, numéro deux mondial du téléphone portable et surtout numéro un des équipements 5G, est dans le collimateur des Etats-Unis qui le soupçonnent d'espionnage potentiel au profit de Pékin. L'administration Trump fait pression sur les pays alliés pour qu'ils renoncent à utiliser ses équipements.

Dans un entretien au journal Les Echos, le directeur général de l'Anssi, Guillaume Poupard, a précisé que Huawei ne ferait pas l'objet d'un "bannissement total", mais que les opérateurs qui l'utilisent recevraient des autorisations comprises entre trois et huit ans. "Nous ne sommes pas dans du Huawei bashing, ni dans du racisme anti-chinois", a-t-il assuré.

L'eurodéputé écologiste Yannick Jadot a appelé de son côté lundi à protéger la "souveraineté numérique" du continent en rejetant Huawei au profit de ses concurrents européens Nokia et Ericsson. Ailleurs en Europe, le Premier ministre britannique Boris Johnson devrait annoncer ce mois-ci des plans pour retirer progressivement les équipements Huawei du réseau 5G du pays, affirme ce lundi le Financial Times, citant des sources gouvernementales.

P.L avec AFP