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Grâce à la reconnaissance faciale, ces écrans affichent des publicités "sur-mesure"

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- - Advertima.

Une start-up suisse conçoit des panneaux publicitaires à même de s’adapter aux passants et à leurs envies présumées.

Après les affiches en papier, les panneaux et les écrans, les écrans intelligents. Pour proposer des publicités toujours plus ciblées, la start-up suisse Advertima, repérée par Le Temps, a conçu une technologie permettant à un écran muni d'une caméra 3D d'analyser les caractéristiques des passants pour leur proposer une annonce personnalisée. 

"Nos algorithmes se concentrent essentiellement sur l'âge et le genre du passant", explique Iman Nahvi, cofondateur d’Advertima, à BFMTV. L'intelligence artificielle intégrée à l'écran analyse également la façon dont les personnes se déplacent, le rythme de leurs pas et fait en sorte de ne diffuser des messages ciblés qu'aux personnes qui s'attardent sur son contenu.

"Dans un aéroport, ces écrans peuvent par exemple repérer les voyageurs en attente d'un vol et leur suggérer de se rendre dans un magasin ou un restaurant à proximité", remarque Iman Nahvi.

Une démocratisation "d'ici 3 à 5 ans"

Pour l'heure, le dispositif est testé en Suisse, dans la branche saint-galloise de la banque Raiffeisen. Advertima entend peaufiner les algorithmes de ses écrans avant d'envisager une commercialisation et de distribuer cette solution dans d'autres pays. Pour cela, l'entreprise mise sur les capacités d'auto-apprentissage de ses algorithmes de reconnaissance d'image. 

"Ces algorithmes se sont entraînés grâce à des bases de données publiques liées à l’âge et au genre", explique Iman Nahvi. "Nous améliorons manuellement leur performance au cas par cas, lorsqu'il arrive qu'une personne ne passe pas suffisamment de temps devant l'écran par exemple." Le cofondateur d'Advertima précise que les images du consommateur ne sont pas conservées et que seules les statistiques - anonymes - sont retenues.

Pour renforcer la précision du ciblage publicitaire, l'entreprise envisage de produire des écrans capables d'analyser les vêtements des passants, mais aussi de détecter leurs émotions. Iman Nahvi espère une mise sur le marché "d’ici trois à cinq ans".

Elsa Trujillo