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Gervais Pellissier (Orange) : "la guerre des prix dans le mobile va bien finir un jour"

Gervias Pellissier, le directeur général de France Télécom Orange, était dans Good Morning Business avec Stéphane Soumier le 20 février 2013;

Gervias Pellissier, le directeur général de France Télécom Orange, était dans Good Morning Business avec Stéphane Soumier le 20 février 2013; - -

A l’occasion de la présentation des résultats de France Télécom Orange, ce 20 février, le directeur général du groupe s'exprimait sur BFM Business. Il y a déploré la poursuite de la guerre des prix dans le secteur.

Il y a du positif dans les résultats publiés ce jeudi par France Télécom. Un flux de trésorerie opérationnel de 8 milliards d’euros en 2012, qui va permettre au groupe de tenir ses investissements dans les réseaux. Et le nombre de clients de l’opérateur a augmenté de 3% en un an, à 230,7 millions. Gervais Pellissier, directeur général délégué de France Télécom-Orange, s’en est félicité, ce 20 février, sur BFM Business. Mais il a déploré aussi une baisse très importante de son résultat net, de 30%.

Le directeur financier du groupe a pointé le ralentissement des marchés polonais et égyptien, respectivement pour des raisons économiques et politiques. Mais aussi, les difficultés rencontrées en France, où le chiffre d’affaires s’est contracté de 5%.

En cause : la guerre des prix que se livrent les opérateurs depuis l’arrivée de Free sur le marché du mobile. Pour Gervais Pellissier, elle "va bien finir un jour", notamment parce que SFR, Bouygues et les autres ne pourront pas baisser leur prix jusqu’à "donner les abonnements". "Le problème, c’est de savoir quand", a-t-il souligné.

Un effort de réduction des coûts

Le directeur général d’Orange sait bien que ses concurrents "ont certainement perdu des parts de marché importantes". Mais continuer de faire fondre les marges relève selon lui "d’une forme d’inconscience collective du secteur qui pense que c’est un moyen de récupérer des clients". Or la "valorisation des opérateurs en fonction de leur nombre d’abonnés est un vieux modèle", a dit Gervais Pellissier. "Un client qui vous rapporte 2 euros par mois n’a pas la même valeur qu’un client qui vous en rapporte 50".

L’arrivée de Free Mobile, filiale d'’Illiad, a fait évoluer le marché. Aujourd’hui, selon Gervais Pellissier, "certains clients sont allés payer beaucoup moins cher, et d’autres sont prêts à payer plus cher en échange de la qualité de service". C’est d’ailleurs là l’objectif de l’opérateur : "montrer qu’au-delà des minutes de télécommunication, on peut apporter du service".

Mais dans l’immédiat, le groupe va devoir réagir. "Une telle perte ne peut se traduire dans une entreprise que par un effort fait sur sa structure de coûts", reconnaît Gervais Pellissier, notamment via "des réembauches beaucoup plus faibles que la politique de départ". Sur les 9 000 partants en retraites d’ici à 2015, seuls 4 000 seront remplacés.

N.G. et BFM Business