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Galileo, le GPS européen, touche au but

Les quatre nouveaux satellites de Galileo devront être transportés par la fusée Ariane 5 quasiment jusqu'à leur orbite finale, à 22.900 km d'altitude.

Les quatre nouveaux satellites de Galileo devront être transportés par la fusée Ariane 5 quasiment jusqu'à leur orbite finale, à 22.900 km d'altitude. - ESA–P. Carril

La mise sur orbite, réussie ce jeudi 17 novembre, de quatre satellites de plus permettra à la "constellation" européenne d'offrir ses premiers services de géolocalisation fin 2016, 17 ans après le lancement du programme par Bruxelles.

La tortue se serait-elle transformée en lièvre? Le lancement de quatre nouveaux satellites de Galileo par Ariane 5, ce jeudi 17 novembre 2016, doit donner un sérieux coup d'accélérateur au projet de GPS européen.

La fusée a décollé vers 14h ce jeudi et va tenter mettre en orbite quatre satellites Galileo. La mise en orbite a été réussie quelques heures plus tard.

Arianespace est ravi de confirmer que les quatre satellites sont dans leur orbite prévue", a déclaré Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace, depuis le Centre spatial guyanais. Les satellites "vont rejoindre leurs coéquipiers dans la constellation", a-t-il ajouté. 

Lancé et financé par la Commission en 1999, le programme de constellation satellitaire vise à doter l'Europe de son propre système de géolocalisation, indépendamment de celui des Américains qui est utilisé actuellement. Mais Galileo aura connu, en 17 ans, moult retards et avaries. Le dernier gros incident a eu lieu lors du ratage du lancement de deux satellites, placés sur une mauvaise orbite en 2014 par une fusée russe Soyouz. Les lancements n'avaient repris qu'en 2015.

Ces quatre satellites s'ajoutent pour former une constellation de 18 engins opérationnels à plus de 20.000 kilomètres d'altitude. 

Les premiers services sont attendus en décembre 2016

"L'objectif est de pouvoir afficher les services initiaux au mois de décembre 2016", expliquait mercredi Jean-Yves Le Gall, président du CNES, l'agence spatiale française. Les services complets sont attendus pour 2020, lorsque la constellation disposera de 30 satellites en orbite.

De génération plus récente que le GPS américain, Galileo intégrera les dernières avancées technologiques pour offrir un signal plus précis dans les zones difficiles d'accès comme les canyons ou les vallées encaissées. Avec Galileo, "l'idée est d'avoir gratuitement un positionnement d'une précision de l'ordre du mètre et une datation d'une précision de quelques milliardièmes de seconde", détaillait Jean-Yves Le Gall. Un service payant fournira un positionnement encore plus précis, de l'ordre de quelques centimètres.

Autre atout, il permettra de dater ce signal ce qui intéresse les assureurs notamment en cas d'incident à bord d'un véhicule, d'un aéronef ou d'un bateau. Une autre nouveauté du système européen concernera les opérations de recherche et de sauvetage, notamment pour les navires en perdition: un appel de détresse sera "visible", en temps réel, de n'importe où sur le globe, ce qui n'est pas encore le cas avec les systèmes GPS actuels.

En 2030, 30% du PIB européen dépendra des services GPS

Ces spécificités pourraient faire la différence à une époque où les services de géolocalisation sont omniprésents, dans les smartphones, les objets connectés ou les futurs véhicules autonomes. "Aujourd'hui on considère que 10% du PIB européen dépend du système de positionnement par satellite, d'ici 2030 cette dépendance sera évaluée à environ 30%", explique le patron du CNES.

Les deux prochains lancements de satellites Galileo, prévus pour l'été 2017 et le début de l'année 2018, seront également assurés par Ariane 5. Ensuite, la fusée Ariane 6 prendra le relais: "Les choses seront plus faciles quand on aura Ariane 6 dont l'une des deux configurations, Ariane 62, est directement adaptée aux missions Galileo" précise Stéphane Israël, PDG d'Arianespace. 

Une mission complexe pour la fusée Ariane 5

La fusée Ariane 5, qui lancera ses quatre premiers satellites Galileo le jeudi 17 novembre 2016, aura fort à faire. "Il y a eu un très gros travail de préparation pour cette mission d'Ariane 5, cela fait plusieurs années que des travaux de qualification sont réalisés par l'Agence spatiale européenne et Airbus Safran Launcher", précise Stéphane Israël, PDG d'Arianespace.

La mission est particulière pour la fusée: contrairement aux satellites de télécommunications qui sont équipés de systèmes de propulsion leur permettant de fournir une partie de l'énergie nécessaire à leur mise en orbite, les satellites de géolocalisation Galileo doivent être transportés quasiment jusqu'à leur orbite finale, circulaire à 22.900 kilomètres d'altitude.

"Sur cette mission, c'est le moteur de l'étage supérieur d'Ariane qui fait presque tout le job", explique Stéphane Israël. Une version particulière d'Ariane a dû être été conçue. "C'est une mission plus compliquée, qui dure près de quatre heures" (contre 30 minutes environ pour les satellites de télécommunications), note le président d'Arianespace.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco