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Galileo : la mystérieuse panne du GPS européen

Vue d'artiste d'un satellite Galileo.

Vue d'artiste d'un satellite Galileo. - Cnes

Cela fait maintenant 4 jours que le système de navigation par satellite ne répond plus. Son exploitant évoque un incident technique dans les infrastructures au sol.

C’est une mauvaise nouvelle pour le jeune Galileo, le système européen de navigation par satellite censé devenir un concurrent crédible à l’ultra-dominant GPS américain. Depuis le 11 juillet en effet, la quasi-totalité des 26 satellites actuellement en orbite ne répond plus.

L'Agence GNSS européenne, l'organisation responsable de Galileo, a d’abord indiqué que le service connaissait une panne de service globale avant de donner ce lundi quelques explications supplémentaires.

La panne serait due à « un incident technique lié à son infrastructure terrestre », panne qui a eu des incidences sur les services de navigation proposés par des tiers : organismes gouvernementaux et entreprises privées. L’organisme de ne donne pas plus de précisions, de quoi alimenter les spéculations, certains évoquant un piratage venu d’un Etat.

« Les experts s'efforcent de rétablir la situation le plus rapidement possible. Un comité d'examen des anomalies a été immédiatement mis sur pied pour analyser la cause profonde exacte et mettre en œuvre des mesures de rétablissement », peut-on lire.

Crédibilité

Ce n’est pas la première fois que Galileo connaît des ratés. En janvier 2017, plusieurs horloges atomiques de certains satellites étaient « en panne ». De quoi complètement dérégler les informations transmises, heureusement chaque satellite est doté de systèmes redondants, ce qui a évité de fausser les données.

Mais ces difficultés entament la crédibilité du dispositif européen dont l’histoire est assez douloureuse. Annoncé en 1998, il faut attendre 2007 pour que le plan de financement industriel soit enfin bouclé à hauteur de 3,4 milliards d’euros.

>A lire : Guerre spatiale : « la France n’a pas les moyens de s’aligner »

En 2007, un seul satellite a été lancé (il en faut 30 pour que le système soit opérationnel) et l'année d'ouverture du service est repoussée à 2012. En 2015, les choses s'accélèrent enfin. Soyouz met sur orbite deux nouveaux satellites de la constellation, portant donc le total à 6. Le programme atteint alors son rythme de croisière avec la mise en orbite de deux satellites tous les trois mois.

Fin 2016, Galileo est enfin opérationnel il est enfin possible d'utiliser les données de Galileo même si le dispositif est encore incomplet.

L’enjeu est stratégique car Galileo doit permettre à l’Europe de s’offrir une part du gâteau de la géolocalisation, une technologie que l’on trouve désormais dans de très nombreux domaines. « Quelque 10 % du PIB européen dépendent aujourd’hui des systèmes de positionnement par satellites, et d’ici à 2030, ce pourcentage pourrait grimper à environ 30 % », avance en effet le Cnes, l’agence spatiale française.

Galileo devrait être totalement opérationnel en 2020 avec les 4 derniers satellites à lancer.

A voir : notre interview de Jean-Yves Le Gall, président du CNES

Olivier CHICHEPORTICHE