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Free veut partager son réseau mobile avec un autre opérateur

Xavier Niel, principal actionnaire de Free, compte sur l'aide des régulateurs

Xavier Niel, principal actionnaire de Free, compte sur l'aide des régulateurs - -

Le 4ème opérateur mobile ne veut pas être exclu de l'accord conclu fin juillet entre ses deux rivaux SFR et Bouygues Telecom.

"La mutualisation des réseaux mobiles est une bonne chose". Lundi 2 septembre, les dirigeants de Free ont dit vouloir partager eux aussi leur réseau mobile. "Nous pensons être un partenaire intéressant", s'est flatté le directeur général Maxime Lombardini, a l'occasion de la présentation de ses résultats semestriels.

Le quatrième opérateur dit vouloir partager les pylônes dans les villes, et même les antennes elles-mêmes dans les campagnes... "La mutualisation des pylônes dans les zones denses est souhaitée par les régulateurs et les collectivités", a ajouté Maxime Lombardini.

Seulement voilà: comme le petit dernier du mobile a un réseau bien moins développé que les autres, dans sa bouche, "partager" ou "mutualiser" signifie en pratique surtout accéder au réseau des autres... Free peut certes emprunter pour l'instant le réseau d'Orange, mais cet accord expirera en 2018.

Ménage à trois

Surtout, le quatrième opérateur ne veut pas être exclu de l'accord de mutualisation annoncé fin juillet par ses deux rivaux SFR et Bouygues Telecom. "Il est important que cet accord ne soit pas verrouillé pour des raisons contractuelles. Il ne faut pas qu'un opérateur soit laissé de côté", a réclamé Maxime Lombardini.

En clair: s'il est techniquement possible que le ménage à deux devienne un ménage à trois, alors Free veut en être.

Maître de son destin

Mais il reste un obstacle de taille: SFR et Bouygues n'ont pas convié à la table de négociations le trublion des télécoms françaises. Mais Free compte se faire aider par le gendarme de la concurrence et le gendarme des télécoms (l'Arcep), qui devront tous deux donner leur blanc seing à l'accord SFR-Bouygues. Free espère que ces deux gendarmes imposeront à SFR et Bouygues de faire une place à Free lorsque cela est techniquement possible...

En revanche, une fusion SFR-Free est bien écartée: "il n'y a pas de sujet actuellement", a répété Maxime Lombaridni, rappelant l'opposition de l'Autorité de la concurrence. "Avec le succès du mobile, nous sommes devenus les maîtres de notre destin", a abondé le directeur financier Thomas Reynaud.

Jamal Henni