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François Auque: "Astrium est devenu le numéro deux du spatial"

François Auque, président d'Astrium, était l'invité de BFM Business ce mercredi 11 septembre

François Auque, président d'Astrium, était l'invité de BFM Business ce mercredi 11 septembre - -

François Auque, le président d'Astrium, était l'invité de BFMBusiness ce mercredi 11 septembre. Il a dressé l'état des lieux du marché mondial du spatial et a précisé les ambitions de son groupe.

La bataille du spatial fait rage. François Auque, président d'Astrium, invité de BFM Business ce mercredi 11 septembre, a rappellé que son groupe "est devenu la deuxième entreprise spatiale mondiale en 2012. Nous avons battu Boeing et nous sommes derrière Lockeed Martin".

Mais pour conquérir l'espace, Astrium a un concurrent de taille: Space X. L'entreprise américaine s'engage à diviser les coûts de lancement par deux. "Je ne crois pas que l'espace sera du low cost. Il y a de telles contraintes physiques, de qualité, de sécurité… Le vrai sujet, c'est le rapport qualité-prix", a-t-il lancé.

De plus, le patron d'Astrium rappelle que "nous sommes engagés, avec Ariane 6, à réduire les coûts de lancement au kilo dans des proportions significatives, de l'ordre de 40%". Pour lui, "la concurrence fait toujours du bien. Cela force à accélérer la recherche".

Space X sous perfusion de la Nasa

Néanmoins, même s'il est confiant, la lutte risque d'être rude. Il rappelle que dans l'industrie spatiale, la recherche-développement est financée par les Etats. Ensuite, "la bataille classique se fait sur les coûts récurrents, sur l'organisation industrielle, les coûts de production".

Space X est financée par la Nasa. "Elle a donné un milliard de dollars pour que Space X développe tel type de lanceur, c'est tout". Alors que pour Astrium, les contraintes sont différentes. "En Europe, ce sont les agences spatiales qui nous donnent l'argent, et elles interviennent de façon extrêmement détaillée dans la définition des produits, l'organisation…ce qui entraine des coûts".

De plus, Astrium, filiale d'EADS, a des obligations européennes. "Space X a développé son lanceur dans un seul endroit. Nous nous devons nous partager entre différents pays européens. Nous ne pouvons pas mettre tout le développement dans un seul pays".

Par ailleurs, il rappelle que l'une des raisons du succès de Space X, "c'est d'avoir réutilisé de la technologie des années 60. Au lieu de passer beaucoup de temps et d'argent pour développer des choses nouvelles".

Environnement "supportif"

Mais Astrium a une véritable force: la France. "Vous ne pouvez pas dans ce domaine exporter sans un environnement politique "supportif". Vous ne pouvez pas vendre un système d'observation militaire aux Emirats Arabes Unis s'il n'y a pas une coopération politique, militaire, des services de renseignements du pays clients et du pays d'origine. Et la France est exceptionnelle dans ce soutien. Le ministre de la défense est exceptionnel".

Diane Lacaze