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Facebook triple son bénéfice

L'année 2016 commence fort pour Facebook.

L'année 2016 commence fort pour Facebook. - Leon Neal - AFP

"Le réseau social a enregistré, au premier trimestre, un bénéfice de 1,5 milliard de dollars. Son chiffre d'affaires, lui, bondit de 52%."

Facebook a démarré 2016 sur les chapeaux de roue. Sur les trois premiers mois de l'année, son bénéfice net a triplé par rapport au premier trimestre de 2015. Il atteint 1,5 milliard de dollars pour une chiffre d'affaires de 5,4 milliards (+52%).

Le réseau social américain profite toujours d'une machine publicitaire qui, pour ce qui le concerne, tourne à plein régime. Les marques qui font confiance à sa puissance lui ont versé 5,2 milliards de dollars sur les trois premiers mois de l'année. Des recettes qui, à 80%, sont tirées de messages publicitaires regardées sur des smartphones.

Le groupe continue parallèlement d'investir pour améliorer l'efficacité de ses publicités et élargir son offre, notamment dans la vidéo, regardée de plus en plus sur mobile et représentant donc "une grande opportunité pour les annonceurs", a souligné la directrice d'exploitation, Sheryl Sandberg, interrogée par des analystes.

Le nombre et l'engagement des utilisateurs continuent pour leur part d'augmenter. Facebook en revendiquait 1,65 milliard fin mars, contre 1,59 milliard trois mois plus tôt, et la part de ceux qui se connectent tous les jours à son réseau s'est légèrement améliorée. Elle est passée de 65% à 66%.

Nouvelle structure de capital

Facebook a profité de ces particulièrement bons résultats pour annoncer un changement de la structure de son capital qui va lui permettre de "prolonger la durée pendant laquelle Mark Zuckerberg maintient son contrôle de la majorité des droits de vote", alors même que le PDG-fondateur a prévu de transférer progressivement l'essentiel de sa fortune à la fondation philanthropique qu'il a créée avec sa femme. Mark Zuckerberg contrôle aujourd'hui la ligne stratégique de Facebook grâce à une structure reposant sur deux types de titres: les actions de classe A, celles qui sont cotées en Bourse, et les actions de classe B, non cotées et à droits de votes préférentiels, dont il détient plus de la majorité.

Le groupe a toutefois prévu de créer une troisième catégorie d'actions non assorties de droits de vote ("classe C"). Elles seront distribuées à ses actionnaires existants sous forme de dividende exceptionnel (à hauteur de deux nouveaux titres pour un détenu) et cotées en Bourse, ce qui devrait revenir à diviser par trois la valeur à laquelle s'échangent les actions. 

Le risque d'un départ de Zuckerberg mieux maîtrisé

Ces nouvelles actions pourront servir à financer des initiatives stratégiques comme des acquisitions, évitant ainsi un risque de dilution du contrôle du groupe. Mark Zuckerberg a surtout expliqué que cela lui permettrait aussi de financer ses projets philanthropiques tout en conservant une structure de droits de votes qui a selon lui "servi" le groupe par le passé. Elle lui a permis à ses débuts de "résister à la pression" de candidats à son rachat, puis à "naviguer la transition difficile vers le mobile" sans être "forcé à des actions à courte vue", ou à faire "des grands paris sur des acquisitions comme Instagram qui étaient très controversées initialement mais étaient de bonnes décisions".

Dans le document transmis au gendarme boursier américain (SEC), Facebook explique aussi que la nouvelle structure devrait "encourager Mark Zuckerberg à conserver une fonction dirigeante" au sein du groupe au lieu de partir "potentiellement utiliser ses talents pour nous faire concurrence", mais aussi réduire les risques en cas de succession. Le nouveau système prévoit une conversion automatique des actions de classe B de Mark Zuckerberg s'il venait à décéder ou quitter la tête du groupe, garantissant que ni lui ni ses héritiers ne conservent dans cette situation le contrôle des droits de vote. Facebook fait valoir que cela augmentera ses chances de trouver un meilleur remplaçant.

D. L. avec AFP