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Eurostar bat un record avec 11 millions de voyageurs en 2018 mais craint l'impact du Brexit

La direction d'Eurostar pointe la bonne performance des voyages d'affaires (+12%), la fréquentation en hausse des voyageurs américains (+9%) et le lancement réussi de la liaison directe Londres-Amsterdam.

La direction d'Eurostar pointe la bonne performance des voyages d'affaires (+12%), la fréquentation en hausse des voyageurs américains (+9%) et le lancement réussi de la liaison directe Londres-Amsterdam. - Eurostar

Le chiffre d'affaires 2018 de la compagnie ferroviaire contrôlée par la SNCF progresse de 12%. Le nombre de passagers a, lui, progressé de 7%. Mais Eurostar redoute un éventuel Brexit sans accord et devra gérer le renforcement des formalités douanières.

La compagnie ferroviaire transmanche Eurostar, filiale de la SNCF, s'est félicitée mardi d'une "performance record" en 2018. Le chiffre d'affaires annuel est en hausse de 12%, à 989 millions de livres (1,15 milliard d'euros). Eurostar n'a pas fourni de variation à taux de change constant.

Quant au résultat d'exploitation, encore provisoire, il ressort à 96,6 millions de livres (112 millions d'euros) contre 57,6 millions en 2017.

Lancement réussi de la liaison Londres-Amsterdam

Le nombre de passagers a progressé de 7% l'an dernier, à 11 millions, un record. La direction pointe en particulier une bonne performance des voyages d'affaires (+12%), le succès d'Eurostar parmi les voyageurs américains (+9%) et le lancement réussi de la liaison directe Londres-Amsterdam.

Un Brexit sans accord pourrait toutefois avoir des conséquences fâcheuses pour le trafic des trains vers la Grande-Bretagne si les contrôles devaient être trop tatillons à partir du 30 mars, même si les parties en présence ont tout fait pour éviter un vide juridique.

Les formalités de douane se feront à l'embarquement

Les opérateurs ferroviaires qui ne détiennent qu'une licence britannique, comme c'était le cas auparavant d'Eurostar, ne pourront en effet plus circuler automatiquement sur les voies ferrées européennes après le Brexit. Une structure basée à Paris, Eurostar France (EFR), a donc été créé. Elle pourra utiliser la licence de la SNCF.

Mais, avec le Brexit, les contrôles d'identité devraient être renforcés -on pourra vérifier la validité des pièces d'identité, le but du voyage, etc.- et la douane va faire son grand retour. Dans le cas d'Eurostar, ces formalités se feront lieu à l'embarquement.

L'Association européenne du tourisme (ETOA) estime que les vérifications supplémentaires requises en cas de Brexit sans accord pourraient ajouter 90 secondes supplémentaires pour chaque titulaire de passeport britannique.

Eurostar est détenue à 55% par la SNCF, à 30% par la Caisse de dépôt et placement du Québec, à 10% par le fonds britannique Hermes Infrastructure et à 5% par la SNCB belge. Elle assure des liaisons à grande vitesse entre le Royaume-Uni et l'Europe continentale, reliant Londres à Paris, Bruxelles et Amsterdam, via le tunnel sous la Manche.

Frédéric Bergé avec AFP