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Dijon se veut la vitrine de la ville "connectée" et "intelligente"

La métropole de Dijon a attribué un contrat de 105 millions d'euros sur 12 ans à un consortium formé par Bouygues, la filiale d'EDF, Citelum, Suez et la société de services informatiques Capgemini.

La métropole de Dijon a attribué un contrat de 105 millions d'euros sur 12 ans à un consortium formé par Bouygues, la filiale d'EDF, Citelum, Suez et la société de services informatiques Capgemini. - Claude Villetaneuse. Wkikipedia-Licence Common Creative 3.0

La métropole de Dijon centralisera fin 2018 la gestion à distance de ses équipements urbains: télésurveillance, feux de circulation, éclairage public. Un marché de 105 millions d'euros sur 12 ans, confié à un consortium privé.

Des rues s'éclairant au passage des véhicules ou l'information en temps réel sur la circulation automobile: tels sont les services qu'entendent bientôt proposer la métropole de Dijon et ses 24 communes. "Nous sommes en train d'inventer la ville 3.0", a lancé le maire (PS) de la ville et président de la métropole François Rebsamen.

Ces innovations dans la gestion des équipements urbains font partie d'un contrat de 105 millions d'euros sur 12 ans. La métropole bourguignonne l'a attribué à un consortium formé de Bouygues, la filiale d'EDF Citelum, Suez et la société de services informatiques Capgemini. Sur ce montant, 53 millions sont des investissements (rénovation de 34.000 ampoules, 140 kilomètres de fibre optique à déployer), le reste étant des dépenses de fonctionnement.

Le futur poste centralisé remplacera les six actuels

Le "cerveau" de ces futurs services sera constitué d'un poste de pilotage centralisé et connecté pour mieux gérer les équipements de gestion de l’espace urbain. Prévu pour être opérationnel fin 2018, il remplacera les 6 postes de contrôle actuels: PC Sécurité, PC Police Municipale, centre de supervision urbaine, PC Circulation, Allo Mairie et PC Neige.

Sur ce site centralisé, les opérateurs municipaux pourront gérer à distance l'entretien des équipements urbains, la sécurité des habitants ou encore la circulation. Cette centralisation de la gestion technique devrait réduire les dépenses de maintenance de moitié, soit de 15 millions d'euros, sans augmentation d'impôts.

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- © Dijon Métrpole a attribué un contrat de 105 millions d'euros sur 12 ans à un consortium formé par Bouygues, la filiale d'EDF Citelum, Suez et le spécialiste en services informatiques Capgemini.

Le projet prévoit notamment de rendre les bus prioritaires aux carrefours, de remplacer les ampoules de l'éclairage public par des LED, moins gourmandes en énergie, et de redistribuer gratuitement à des sociétés technologiques pour qu'elles développement des applications, les informations collectées par les équipements urbains, à l'exception des données à caractère privé.

La métropole parie sur le fait que des start-up utiliseront ces données ouvertes (open data), mises à destination gratuitement, pour créer des applications mobiles pour informer les Dijonnais en temps réel, par exemple, sur le stationnement disponible ou les places en crèche ou permettre de signaler un accident ou un dysfonctionnement des services municipaux.

Jusqu'à 34.000 points lumineux à équiper en LED

Outre une meilleure gestion de l'espace public, le contrat passé prévoit des économies substantielles pour la métropole, principalement sur l'éclairage public. En douze ans, la métropole espère faire des économies d'énergie de 65% sur l'éclairage grâce à l'installation d'ampoules LED sur ses 34.000 points lumineux.

Pour les quatre principales entreprises retenues, des géants dans leur secteur, le contrat signé avec Dijon servira de référence pour aller conquérir de nouveaux marchés à l'étranger, face aux géants du numérique (Google, Microsoft ou IBM) qui lorgnent aussi de longue date, la "ville intelligente". 

Frédéric Bergé