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"Dans notre vie quotidienne, la 5G ne va pas changer grand-chose" explique François Barrault (Idate)

Invité sur BFM Business, le président de l'Idate DigiWorld, un think tank spécialisé dans le numérique, revient sur le réel apport de la 5G, notamment dans l'industrie.

La 5G en France, c'est pour bientôt. Ou du moins, tout le monde l'espère... "On est en avance sur les tests, on est deuxième meilleur pays européen". En revanche, sur la mise sur les marchés des fréquences "là, on est en retard", explique François Barrault, président de l'Idate DigiWorld, un think tank spécialisé dans le numérique, qui était invité ce mercredi dans l'émission "12H, L'Heure H" sur BFM Business.

Si nos voisins comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni sont déjà bien en avance, le calendrier des enchères en France ne devrait être dévoilé qu'au début du mois de décembre. Un retard en partie dû à l'éviction du numéro un mondial des réseaux, le chinois Huawei. "Huawei a une avance technologique et sortir Huawei de l'équation, c'est potentiellement prendre du retard pour nous. Après c'est un choix politique", résume François Barrault.

Si l'opérateur chinois n'est pas officiellement persona non grata, les opérateurs français sont néanmoins poussés à faire sans lui, pour des questions de sécurité et de souveraineté. "On va avoir des milliards d'objets connectés donc le réseau va être très facilement pénétrable. Mais pas forcément au niveau de la 5G mais au niveau de tous les capteurs" souligne François Barrault. Donc, "il faut absolument créer un environnement 'sécure' pour les données sensibles notamment."

"Pas de Huawei-phobie en Allemagne"

Pour autant, l'éviction de Huawei n'est pas forcément une bonne chose. "Quand on parle de technologies en France, on parle de start-up, on pense à la French Tech. En Allemagne, on pense à l'industrie" et "il n'y a pas de Huawei-phobie en Allemagne" remarque le spécialiste.

Et c'est justement dans l'industrie que la 5G aura un grand intérêt. "Dans notre vie quotidienne, la 5G ne va pas changer grand-chose sauf pour les gamers" ou "la réalité augmentée" poursuit François Barrault. "En revanche, cela va changer énormément pour tout ce qui est industrie."

D'abord pour la vitesse des processus: "on va diminuer la latence par 50, c’est-à-dire qu'on va être bien meilleur que le réflexe humain. (…) Et surtout, on va pouvoir connecter un million d'objets sur une borne."

Thomas Leroy