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Concurrence: après l'Europe, l'Amérique scrute Google et Android

La Federal Trade Commission (FTC) américaine est en train d'élargir son enquête sur Google et Android

La Federal Trade Commission (FTC) américaine est en train d'élargir son enquête sur Google et Android - Justin Sullivan-Getty Images-AFP

"Les autorités de la concurrence américaines regardent elles aussi si Google abuse de la position dominante de son logiciel Android pour smartphone, pour privilégier ses propres services en ligne."

La pugnacité de la Commission européenne vis-à-vis de Google aurait-elle piqué au vif les autorités américaines ? Selon le quotidien Wall Street Journal, la commission fédérale en charge de la concurrence aux États-Unis (Federal Trade Commission) a discrètement commencé à se pencher sur la question l'an dernier. Elle est en train d'élargir son enquête pour déterminer si Google n'abuse pas de la position dominante de son logiciel Android pour smartphone. Ses représentants ont rencontré et demandé des informations ces derniers mois à des entreprises potentiellement concernées (on pense à des fabricants de téléphones ou de tablettes), ont indiqué des sources proches du dossier au quotidien économique américain.

La FTC examinerait des problèmes similaires à ceux évoqués par la Commission européenne, qui était passée la semaine dernière à la vitesse supérieure dans sa propre enquête antitrust concernant Android.

La semaine dernière, dans une "communication de griefs" détaillant ses accusations, Bruxelles reprochait notamment à Google d'obliger les fabricants de smartphones à préinstaller certaines de ses propres applications, comme celle de recherche en ligne Google Search, sur les appareils utilisant Android. Il lui est également reproché d’empêcher les fabricants de vendre des smartphones fonctionnant avec des logiciels basés sur le code open source d'Android.

En 2013, la FTC américaine avait clos son enquête sur Google sans poursuite

Enfin, la Commission européenne soupçonne Google d’accorder des incitations financières aux fabricants et aux opérateurs, à la condition qu'ils pré-installent en exclusivité Google Search sur leurs appareils. En échange, le géant américain leur proposerait un partage des revenus publicitaires sur l'internet mobile.

Même si les enquêtes menées des deux côtés de l'Atlantique se ressemblent, et que les régulateurs pourraient même partager leurs investigations, rien ne dit qu'elles aboutiront aux mêmes résultats.

L'Europe, sous la houlette de Margrethe Vesager, la commissaire à la concurrence, mène deux fronts face à Google pour abus de position dominante: celui sur le moteur de recherche, qui avantagerait son service de comparaison de prix "GoogleShopping" et celui sur Android. En terme de sanction, l'UE pourrait aller jusqu'à exiger au maximum 10% du chiffre d'affaires annuel du groupe.

Au contraire, l'Amérique s'est montrée jusqu'à présente plutôt clémente à l'endroit de Google. Une longue enquête aux États-Unis sur de potentielles pratiques anticoncurrentielles de Google dans la recherche et la publicité en ligne avait été close faute de preuves en 2013.

Frédéric Bergé