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Comment taxer le bitcoin?

Le gouvernement japonais veut imposer les bitcoins, après la disparition d'une plateforme d'échanges à Tokyo.

Le gouvernement japonais veut imposer les bitcoins, après la disparition d'une plateforme d'échanges à Tokyo. - -

L'Agence des impôts japonaise a annoncé, ce mardi 4 mars, vouloir appliquer une forme de TVA aux échanges de bitcoins. La veille, le gouvernement britannique a, lui, assouplit sa taxation du bitcoin.

Difficile d'imposer une monnaie virtuelle. Une semaine après la chute de la principale plateforme d'échange de bitcoins, le gouvernement japonais étudie sérieusement un moyen de taxer les transactions de cette monnaie décentralisée.

Selon un article paru dans la presse japonaise, ce mardi 4 mars, l'Agence des impôts veut instaurer une TVA sur les achats effectués avec des bitcoins, et faire payer les impôts sur les sociétés à celles qui les utilisent.

Reste à savoir comment le gouvernement japonais pourrait s'y prendre. La monnaie décentralisée fluctue en valeur de façon radicale de jour en jour. Difficile d'établir ce que les imposés auraient à payer, en yens, dans ces conditions.

La chute de MtGox pousse le gouvernement à intervenir

Mais le gouvernement japonais n'abandonne pas pour autant. "Puisqu'il y a des échanges internationaux en bitcoins, les pays doivent se coordonner pour y répondre", a déclaré le vice-ministre des Finances, Jiro Aichi.

A Tokyo, la principale plateforme d'échanges, MtGox, s'est écroulée la semaine dernière, et des bitcoins d'une valeur de 440 millions de dollars ont disparu avec elle. Pourtant, après une panique initiale des acheteurs, les pièces virtuelles s'échangent actuellement pour 686 dollars, contre 438 dollars au moment de la fermeture de MtGox, selon l'index Winkdex.

Le Royaume-Uni assouplit la taxation

Si la monnaie est là pour rester, et que les gouvernements doivent intervenir pour protéger les utilisateurs, ils comptent bien en encadrer l'usage.

A Singapour, où la monnaie virtuelle est particulièrement populaire, l'Etat impose déjà les transactions. D'autres pays très friands du bitcoin, comme l'Allemagne ou le Canada, recherchent également des moyens de le taxer.

Le Royaume-Uni a, lui, annoncé hier que la TVA ne serait plus appliquée aux achats de bitcoins, c'est-à-dire à l'échange de livres ou d'euros contre des bitcoins, mais que la TVA s'appliquera aux achats de biens ou de services contre des bitcoins.

Une mesure que l'agence de taxation britannique, la HMRC, explique: les monnaies virtuelles "ont une identité unique et ne peuvent pas être directement comparée à une autre forme de paiement ou à une activité d'investissement", a-t-elle déclaré dans un communiqué lundi.

Joseph Sotinel avec agences