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Pour survivre, Bitcoin doit sortir de l'amateurisme

Les pièces virtuelles intéressent autant les investisseurs que les fans d'informatique de la première heure.

Les pièces virtuelles intéressent autant les investisseurs que les fans d'informatique de la première heure. - -

Le crash de la principale plate-forme d'échange MtGox a fait à nouveau vaciller la monnaie virtuelle. Mais de nouveaux entrepreneurs, issus du monde de la finance classique, tablent sur une normalisation de son utilisation.

La fin du Bitcoin est-elle actée ? La fermeture de sa plus grande plate-forme d'échanges, MtGox, le 20 février, pourrait avoir fait disparaître l'équivalent de 278 millions d'euros, soit 744.408 Bitcoin.

Mais les utilisateurs de la monnaie virtuelle croient toujours en son futur… A condition de faire le ménage en faisant disparaître les amateurs au sein des sociétés qui font vivre le Bitcoin.

La communauté des utilisateurs s'est d'ailleurs violemment retournée contre MtGox, et rappelle sans relâche que le bug qui a mené à la perte des pièces virtuelles a été corrigé par d'autres plate-formes depuis deux ans.

Une pétition a été lancée pour bannir MtGox de la Bitcoin Foundation, une organisation qui réunit les théoriciens de la monnaie virtuelle avec ses entrepreneurs. Le PDG de MtGox a accepté de démissionner de son poste de vice-président de la fondation.

En janvier, un autre de ses vice-présidents, Charlie Shrem, a été arrêté pour son implication dans le site Silk Road, où l'on pouvait acheter des armes et de la drogue.

De nouveaux entrepreneurs issus de la finance "classique"

Mais ces arrestations marquent aussi une normalisation de la monnaie. Les autorités américaines s'attaquent aux utilisations illégales, et les figures les plus sulfureuses laissent la place à des investisseurs plus classiques.

La troisième compagnie représentée à la Bitcoin Foundation, Ribbit Capital, est un fonds d'investissement fondé par un autodidacte, Meyer Malka. Mais la page de présentation de la société présente également ses partenaires, dont l'un est issu de l'université de Yale et l'autre a travaillé pour la banque d'affaires Morgan Stanley.

Les frères jumeaux Winklevoss, plus connus pour avoir attaqué Mark Zuckerberg en affirmant être à l'origine de Facebook, investissent également depuis longtemps dans le Bitcoin. Depuis quelques semaines, ils ont ouvert leur propre site, le Winkdex, qui indexe les taux de change des principales plates-formes Bitcoin.

Un index pour développer la transparence de la monnaie

Le blog technologique GigaOm résumait le dilemme pour les fans de bitcoin de la première heure: le Winkdex, dont le nom "sonne comme un produit de nettoyage interdit aux moins de 18 ans", pourrait normaliser le bitcoin.

Le blogueur reconnaît que l'idée ne plaît pas à tous, mais selon lui, "Les dirigeants autoproclamés qui parlent au nom de la monnaie (ceux qui ne sont pas en prison) n'ont pas réussi à mettre en place des outils de contrôle pour le Bitcoin".

Avec l'arrivée de nouveaux vendeurs acceptant les Bitcoin comme paiement, comme le site de vente américain Target et le développeur de jeu en ligne Zynga, cette transparence est nécessaire pour rassurer les utilisateurs, qui n'ont pas envie de tout perdre en quelques heures.

Joseph Sotinel