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Comment Expedia compte faire de l'ombre à Airbnb

Expedia rachète HomeAway.

Expedia rachète HomeAway. - Mike Coppola - AFP

Le voyagiste en ligne va racheter HomeAway. Mi-septembre, il avait été autorisé à prendre possession d'Orbitz Worldwide.

Expedia ne compte pas se laisser distancer. Le poids lourd américain des voyages en ligne a en effet annoncé jeudi le rachat de son compatriote HomeAway. La transaction, chiffrée à 3,9 milliards de dollars, a été approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux entreprises et devrait être bouclée au premier trimestre 2016, sous réserve du feu vert des régulateurs.

C'est la deuxième opération de taille en moins d'un an pour Expedia, que les autorités américaines avaient autorisé mi-septembre à racheter Orbitz Worldwide pour 1,6 milliard de dollars.

Expedia est l'un des plus gros voyagistes en ligne au monde, avec un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 6 milliards de dollars, et toute une série de sites proposant de réserver des chambres d'hôtel, des billets d'avion ou des voitures de location comme Hotels.com, hotwire, Travelocity, hotelclub.com, cheaptickets.com, Egencia, Trivago, CarRentals.com... Si le groupe a beaucoup grossi à coup d'acquisitions ces dernières années, sa direction a reconnu mercredi que celle de HomeAway était "un peu différente" des précédentes. La société continuera d'ailleurs d'être gérée de manière indépendante.

HomeAway, créée en 2005, est en effet spécialisée dans la location de maisons ou d'appartements, avec plus d'un million d'annonces payantes dans 190 pays, publiées sur des sites à son nom ou sur ses filiales VRBO.com et VacationRentals.com aux Etats-Unis, ou Abritel.fr et Homelidays.com en France par exemple. Cela lui avait rapporté l'an dernier près de 450 millions de dollars de chiffre d'affaires.

Similitudes avec Airbnb

Les sites de HomeAway présentent certaines similitudes avec Airbnb. Les annonces y étaient au départ payantes pour les propriétaires, mais la société leur propose aussi de plus en plus de la payer seulement quand les logements sont loués, un modèle rappelant celui de la startup américaine qui ponctionne une commission sur les locations réalisées par son intermédiaire. Contrairement à l'offre plutôt urbaine d'Airbnb ou d'Expedia, l'inventaire de HomeAway comporte surtout des résidences secondaires et situées dans des zones touristiques.

"Nous avons, depuis longtemps, les yeux sur le secteur à croissance rapide, et représentant plus de 100 milliards de dollars, des logements alternatifs", a commenté mercredi le patron d'Expedia, Dara Khosrowshahi. Il a rappelé que certains sites d'Expedia reprenaient déjà depuis deux ans des annonces de HomeAway, et que son rachat était "l'étape suivante logique", qui permettrait d'accélérer la croissance du groupe sur ce créneau prometteur.

Les locations de logements sont "clairement un produit qui est important pour un certain groupe de personnes" et qui "deviendra une part plus importante de notre offre l'année prochaine et les années suivantes", avait déjà indiqué Dara Khosrowshahi la semaine dernière, quand des analystes l'avaient interrogé en marge des résultats trimestriels de son groupe sur la manière dont l'essor d'Airbnb influençait son activité. Il avait assuré alors qu'Expedia n'était pas affecté "directement" par la startup, mais avait reconnu un risque de "pressions sur les prix sur certains marchés où on a un important inventaire d'Airbnb". Ce dernier ouvre le marché du voyage à "une nouvelle classe de consommateurs", plus jeunes, avec des prix généralement plus bas que les hôtels traditionnels, avait-il aussi relevé.

D. L. avec AFP