BFM Business

Comment cet étudiant gagne 10.000 dollars par mois grâce à l'enceinte Echo d'Amazon

-

- - David Markey

Cet étudiant de 22 ans a développé sur son temps libre des applications de jeux pour l'assistant vocal d'Amazon. Leur succès grandissant lui rapporte désormais 10.000 dollars par mois.

Amazon est-il en train de générer avec les "skills" ce qu'Apple a fait avec les applications? A savoir créer un écosystème de développeurs de logiciels autour de son produit phare. Les skills ("compétences" en français) sont en effet des applications conçues pour son assistant vocal Echo. Une fonctionnalité qui améliore la capacité de l'intelligence artificielle Alexa d'Amazon. 

Et c'est grâce aux skills qu'un jeune Américain de 22 ans étudiant en mathématique et économie à l'université de Brown arrondit très confortablement ses fin de mois. Selon CNBC, David Markey gagne en effet 10.000 dollars par mois grâce au succès de ses applications développées pour l'enceinte connectée d'Amazon (toujours pas disponible en France). Des "skills" de jeux liées à la culture générale. 

Apprendre un mot nouveau chaque jour

Tout commence à l'été 2016 lorsque l'étudiant s'offre l'enceinte Amazon Echo à prix bradée à l'occasion des Prime Day du e-commerçant. Pour 99 dollars, il s'offre donc l'enceinte et devient vite accro comme 20 millions d'Américains. "J'utilisais Echo pour régler les lumières dans mon appartement, je m'en servais comme minuteur pour ma cuisine ou pour écouter les infos le matin", explique le jeune homme.

Pourtant il trouve les fonctionnalités de l'appareil limité. Son truc à lui c'est d'apprendre des choses nouvelles et d'améliorer sa culture générale. Il a alors l'idée d'une application qui permettra aux gens d'apprendre un mot nouveau chaque jour. Avec ses connaissances en code, il programme alors sa propre "compétence" pour Alexa qu'il appelle "Word of the Day". C'est sa propre voix qui lit les mots et leur définition pour les auditeurs. Lancé en février 2017, son service semble faire un carton. "Semble" car Amazon ne veut pas lui communiquer le nombre d'utilisateurs de son service. Mais les centaines de commentaires positifs sur le store d'Amazon lui font comprendre que son Word of the Day est très utilisé.

Il continue donc chaque jour à enrichir son service de nouveaux mots mais sans gagner un seul centime. C'est alors qu'il écrit directement à Jeff Bezos le patron d'Amazon. "En gros, j'ai dit: "Hé! J'aime vraiment faire ça, et j'ai l'impression que c'est super populaire mais maintenant je ne sais plus trop quoi faire et je me sens sans but", explique David Markey à CNBC.

Un programme de rémunération est lancé grâce à lui

Le patron d'Amazon transmet son mail à un responsable d'Alexa qui le contacte. Ensemble ils discutent de l'évolution de la plateforme et quelques semaines plus tard Amazon lance son programme Alexa Developer Rewards. Les développeurs créant des compétences dans des catégories non-commerciales comme l'éducation ou les quiz de culture générale perçoivent ainsi une rémunération.

Lancée trop tôt son Word of the Day ne fait pas partie du programme, mais le jeune étudiant en lance deux nouvelles: "Word of the Day Quiz" et "Price It Right". La première est un jeu dérivé de son premier service, la seconde est une sorte de "Juste Prix" mais pour les produits Amazon. Les utilisateurs qui trouvent le bon prix des produits peuvent ainsi gagner des cartes cadeaux Amazon.

Les deux "skills" font un carton et, en janvier, elles sont rachetées par la start-up Volley, une société spécialisée dans les services de jeux sur Amazon Alexa. Elle propose au jeune étudiant un poste à temps partiel et lui reverse une partie des gains réalisés grâce au programme Developer Rewards, soit 10.000 dollars par mois.

Mais Amazon reste très opaque sur les rémunérations

De son côté Amazon a bien compris l'intérêt que lui apportait les services de ces développeurs indépendants et a mis en ligne des tutoriels pour apprendre aux gens à coder sur Alexa. Le marché des skills devrait atteindre 50 millions de dollars en 2018 selon VoiceLabs. Une goutte d'eau comparé aux 50 milliards de dollars générés par les applications pour smartphone, mais le marché croît à très grande vitesse. Alexa compte désormais plus de 30.000 skills, soit deux fois plus qu'en juillet dernier.

Evidemment, rares sont les développeurs qui gagnent autant que David Markey. Et sur le sujet Amazon est d'ailleurs très peu transparent sur son son programme de rétribution. Les développeurs n'ont pas le droit de mettre des annonces publicitaires dans leurs services et c'est Amazon qui décident de leur niveau de rémunération. Selon des critères que certains développeurs ne comprennent pas. "Au début je touchais 5.000 dollars par mois, explique Joseph Jaquinta sur CNET, développeur chez IBM qui a lancé une douzaine de skills de jeux sur Alexa. Et depuis quelques mois, cette somme a diminué de moitié alors que mes jeux sont de plus en plus populaires. Je ne comprends pas comment cela fonctionne et si personne ne peut vraiment gagner d'argent avec ça, le service va se tarir." Bref le succès du jeune étudiant est peut-être l'arbre qui cache une forêt bien moins fournie.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco