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Colonies, spécialiste français du "coliving", lève 180 millions d'euros

Dans ces résidences exploitées par la start-up, les appartements sont ainsi rassemblés, par blocs d'une dizaine, autour de lieux communs comme un salon et une cuisine.

La start-up immobilière française Colonies a fait part mercredi d'une levée de 180 millions d'euros, afin de se développer sur un créneau apparu depuis quelques années: les résidences de "coliving", sorte de colocations institutionnalisées.

"Colonies conclut un nouveau tour de table de 180 millions d'euros", a annoncé la start-up dans un communiqué.

Créé en 2017, le groupe, qui avait déjà levé une dizaine de millions d'euros voici un an, est un spécialiste du "coliving", un créneau émergent qui vise à appliquer au logement le modèle du "coworking", l'une des rares innovations majeures des dernières années dans le monde immobilier.

Frontières brouillées 

De même que les sites de coworking s'écartent des bureaux classiques en proposant à leurs clients de louer de manière très souple des lieux pour travailler, les résidences de coliving brouillent les frontières entre logement privé et espaces communs.

"Ça se rapproche énormément de la colocation, il y a des principes de base qui sont les mêmes", a souligné à l'AFP Alexandre Martin, cofondateur de Colonies.

Dans les résidences exploitées par la start-up, les appartements sont ainsi rassemblés, par blocs d'une dizaine, autour de lieux communs comme un salon et une cuisine. Différence majeure avec une colocation classique, c'est l'exploitant qui gère les services comme le ménage.

Tournant pour le monde français du "coliving"

Cette levée de fonds de Colonies marque un tournant pour le monde français du "coliving". Le concept est très présent dans les discours, y compris chez de grands promoteurs comme Bouygues et Vinci, mais son ampleur économique reste embryonnaire. En levant 180 millions d'euros, Colonies signe une opération d'une rare ampleur dans le monde français des start-up immobilières, où les principales levées de fonds sont généralement très inférieures (plutôt des dizaines de millions d'euros).

Certes, seuls 30 millions d'euros viennent gonfler ses fonds propres. Les 150 autres millions, levés auprès du fonds LBO France, sont la promesse d'investissements immobiliers dans les murs mêmes des futures résidences qu'exploitera la start-up.

"Ça double ou triple notre vitesse de déploiement", a promis Alexandre Martin. Le groupe, qui n'exploite actuellement que six résidences en Île-de-France ainsi qu'en Allemagne, compte ainsi ouvrir jusqu'à une centaine de sites à travers l'Europe d'ici à deux ans.

TL, avec AFP