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Ces Français qui rêvent de bâtir sur Mars des maisons en impression 3D

Que ce soit sur la Terre ou sur Mars, le BTP est le nouveau terrain de jeu de l’impression 3D, affirme Arnault Coulet, fondateur de Fabulous et initiateur du projet Sfero.

Que ce soit sur la Terre ou sur Mars, le BTP est le nouveau terrain de jeu de l’impression 3D, affirme Arnault Coulet, fondateur de Fabulous et initiateur du projet Sfero. - Fabulous

Les cités martiennes ne seront pas construites avec des matériaux rapportés de la terre. Fabulous, une startup française propose d’imprimer des habitats futuristes avec le fer et l’eau disponibles sur la planète rouge.

Mars, c’est loin. Impossible, pour le moment, de s'y rendre en moins de sept mois. Et pour ceux qui, comme la Nasa, envisagent d'y envoyer des astronautes une fois sur place, la problématique du voyage n'est pas la seule à prendre en compte. Il faut aussi songer à la façon dont les "visiteurs" logeront sur place. Plutôt que de transporter matériaux et outils de construction, l’impression 3D s’impose comme la voie la plus efficace pour construire l’habitat martien qui abritera les colonies d’humains. D’autant que cette technologie pourrait utiliser les matériaux présents sur la planète rouge.

C’est le défi que la NASA a lancé aux chercheurs du monde entier qui doivent imaginer l'habitat sur Mars. Fabulous, un bureau d’étude français spécialisé dans l’impression 3D, a décidé de proposer sa méthode avec le projet Sfero. L’idée de l’équipe tricolore est d’utiliser l’eau et le fer.

Si la présence de fer est connu - la planète rouge doit son nom à la très forte concentration en oxyde de fer - l’eau est également présente comme l’indique Arnault Coulet, fondateur de Fabulous et initiateur du projet Sfero. "Les pôles de la planète sont entièrement recouverts de glaces. Une étude danoise récente confirme aussi la présence de cette glace d’eau de manière homogène sur l’ensemble de la planète, y compris au niveau de l’équateur."

L'impression 3D servira à construire les habitats, mais aussi le mobilier nécessaire à la vie quotidienne des explorateurs de l'espace.
L'impression 3D servira à construire les habitats, mais aussi le mobilier nécessaire à la vie quotidienne des explorateurs de l'espace. © Fabulous

Alors que le fer servira à produire les éléments physiques des cités martiennes (bâtiments, parois, sol, meubles...), l’eau protégera les humains des radiations. Dans son projet, Fabulous veut envelopper les édifices d’une surcouche liquide de 30 cm d’épaisseur.

Techniquement, le projet repose sur un robot de construction basé sur un mât de forage qui puisera le liquide. Par ailleurs, il aspirera et triera le fer pour alimenter les imprimantes 3D en matière constructible.

La technique de Fabulous se base sur un robot de construction qui aura deux fonctions. D'une part, il puisera le liquide, d'autre part il fera l'extraction et le traitement du métal pour alimenter les imprimantes 3D.
La technique de Fabulous se base sur un robot de construction qui aura deux fonctions. D'une part, il puisera le liquide, d'autre part il fera l'extraction et le traitement du métal pour alimenter les imprimantes 3D. © Fabulous

Comme l’explique Arnault Coulet, cette méthode a réalisable sur terre ce qui permettra de réaliser des tests. "Ce qui est possible sur Mars l’est aussi sur Terre. Le BTP est le nouveau terrain de jeu de l’impression 3D, en atteste les applications concrètes et bientôt commerciales menées actuellement à Dubaï, en Chine, ou encore à Amsterdam."

La construction n’est pas la seule activité dans laquelle veut s’imposer Fabulous. Elle planche aussi sur d’autres secteurs comme le luxe, le cinéma, le design, l’alimentaire mais aussi l’industrie pharmaceutique. Dans ce cadre, elle a pour objectif de produire des médicaments dont la posologie sera personnalisée en fonction des patients. Une activité qui aura également un rôle à jouer dans la conquête spatiale.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco