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Ce français porte les images des JO à bout de bras

France Télévisions a fait appel à cette technologie pour la couverture des Jeux Olympiques, via le prestataire opérateur de moyens techniques XD Motion.

France Télévisions a fait appel à cette technologie pour la couverture des Jeux Olympiques, via le prestataire opérateur de moyens techniques XD Motion. - Pascal Gautier

La société française AR+ a créé un bras articulé agile capable de s’adapter à différentes caméras. Cette technologie qui a déjà séduit plusieurs chaînes de télévision a été mise en pratique à Rio.

"En 2008, j’étais conseiller technologique en réalité virtuelle à Laval et j’ai associé un outil de réalité virtuelle et un robot pour créer un chef d’orchestre robotisé", raconte Pascal Gautier. "C'est lui qui a dirigé le concert lors des vœux du Maire", ajoute cet ancien violoncelliste. Au printemps 2008, un autre concert dirigé par ce chef d’orchestre un peu particulier a même été organisé à la Cité des sciences.

"Unifier le travail de l’opérateur en régie"

Depuis son passage au centre de recherche Clarte de cette ville de Mayenne, il est devenu entrepreneur. Petit à petit a germé l’idée d’un bras robotisé adapté à la prise automatisée d’images pour la télévision et le cinéma. France Télévisions s'est intéressé au projet, par le biais du prestataire opérateur de moyens techniques XD Motion. La chaîne française a ainsi fait appel à cette technologie pour la couverture des Jeux Olympiques. L’un des événements les plus médiatiques de l’année !

"Nous allons contribuer à filmer les journalistes lors des commentaires retransmis en direct pendant les épreuves de natation et d’athlétisme. Notre valeur ajoutée est d’unifier le travail d’un opérateur en régie, qui n’aura plus qu’un seul écran pour piloter plusieurs caméras. Les trajectoires sont automatisées pour un rendu fluide", précisait en juillet Pascal Gautier. Ce bras articulé - baptisé AreCam - est en effet commercialisé avec un logiciel capable de s’adapter aux caméras d’un plateau issues de différentes marques. Cela coûte entre 80.000 et 100.000 euros.

Des développements autour de la réalité augmentée

Cet entrepreneur s’est associé à Dominique de Savignies en décembre 2012, pour fonder AR+ (Augmented Robotics) à Laval. L’équipe compte désormais sept personnes. Elle a dégagé environ 400.000 euros de recettes sur l’exercice clôt en avril 2016, et vise le million d’euros de chiffre d’affaires en 2017, grâce notamment à un partenariat avec Panasonic, qui s’apprête à inclure l’AreCam à son catalogue.

France Télévisions n’est pas le premier groupe audiovisuel à recourir à cette technologie. "Nous avons testé l’AreCam lors d’un match PSG-Real de Madrid avec Euro Media, prestataire pour Canal+. Nous avons incrusté des infographies en réalité augmentée", explique cet ingénieur. Depuis, le groupe Canal+ est devenu un partenaire. Un plateau d’iTélé est équipé depuis un an et demi, ce sera le cas de celui de LCI (groupe TF1) à la rentrée de septembre. Equidia, qui couvre les courses de chevaux du PMU, en est aussi équipée. "Nous vendons aussi notre matériel ailleurs en Europe, nous sommes en train d’équiper la chaîne Markiza TV en Slovaquie et RTL II en Hongrie", se félicite Pascal Gautier.

Une belle réussite pour cette TPE lavalloise. Laval, où Emmanuel Macron est venu remettre le Label French Tech le 25 juillet dernier.

Adeline Raynal