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Berlin part en guerre contre les loueurs AirBnB

AirBnB a tenté de faire changer d'avis Berlin. Sans succès.

AirBnB a tenté de faire changer d'avis Berlin. Sans succès. - Chris Weeks - Getty Images - AFP

"À partir de mai prochain, les Berlinois  louant leur logement sur AirBnB ou d'autres sites similaires devront demander expressément une autorisation à la ville, sans quoi ils risquent une amende allant jusqu'à 100.000 euros. Une mesure qui reste toutefois floue, et pourrait même s'avérer illégal, rapporte Der Spiegel."

Les touristes voulant passer un agréable séjour à Berlin risquent d'avoir bientôt moins de choix pour louer un appartement sur AirBnB. Le Sénat (c'est-à-dire l'exécutif de la capitale allemande) a en effet décidé de prendre une mesure draconienne à compter du 1er mai prochain.

Il compte interdire aux Berlinois de louer leur appartement aux touristes sur les plateformes en ligne sans en avoir la permission. Il faudra, en effet, "une autorisation spéciale" de la ville pour pouvoir mettre son logement en location. Dans le cas où le loueur persévèrerait sans permission, une amende pouvant aller jusqu'à 100.000 euros serait prononcée contre lui.

L'amende ne frappera que les propriétaires et non les touristes qui loueraient l'appartement en question. Mais ces derniers risquent néanmoins de ne pouvoir occuper un logement qu'ils avaient auparavant réservé sur Internet en raison de cette mesure. De plus, les plateformes en ligne seraient obligées de fournir des informations aux autorités sur les loueurs.

D'importants doutes

Le journal allemand Der Spiegel, qui a rapporté l'information, explique que la municipalité allemande a pris ces décisions car elle considère que l'absence de contrôle des locations d'appartements berlinois aux touristes est responsable de l'envol des loyers et de la pénurie de logements dans la capitale allemande.

Voilà de quoi réduire fortement la liste des quelque 17.300 logements berlinois disponibles sur AirBnB. Mais le Spiegel souligne que cette mesure est à la fois controversée et très floue. De nombreux juristes s'interrogent sur le manque de clarté portant sur la nature de l'autorisation de la mairie. Certains vont jusqu'à douter que la mesure respecte la Constitution de Berlin.

De plus le délai semble irréaliste, souligne le journal, car cela laisse à peine quelques semaines aux autorités berlinoises pour traiter les demandes d'autorisation, probablement nombreuses, mais aussi les possibles recours juridiques qui, eux aussi, risquent de pleuvoir.

Évidemment AirBnB ne se satisfait guère de cette situation et tente de faire pression. Courant mars, le groupe américain a réalisé un sondage montrant, sans grande surprise, que 70% des Berlinois rejettent la mesure. Il a même envoyé le chef de ses relations presse tenter de raisonner les autorités de la ville. Sans succès.

J.M.