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Au Royaume-Uni, la reconnaissance faciale confond de simples passants avec des délinquants

8% des personnes identifiées étaient de réels délinquants.

8% des personnes identifiées étaient de réels délinquants. - DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Le système déployé au Royaume-Uni a rapidement montré ses limites. Sur 2.470 personnes identifiées lors d'un événement en juin dernier, 92% étaient de "faux positifs".

La reconnaissance faciale a encore une importante marge de progression. Plusieurs forces de police britanniques, en particulier dans le pays de Galles du Sud, ont commencé à tester cette technologie pour assurer la sécurité d'événements sportifs, de concerts et de grands rassemblements. Avec un succès tout relatif.

Les chiffres rendus publics par la police de Galles du Sud font état d'un taux d'erreur très important dans la reconnaissance de personnes à même de troubler l'ordre public. Plus de 2.000 personnes ont été identifiées à tort comme de potentiels délinquants lors de la finale de la Ligue des Champions de football à Cardiff, en 2017, relève The Guardian. Sur les 2.470 personnes identifiées, 92 % étaient de “faux positifs”, à savoir de simples passants malchanceux.

La police locale consent à admettre que cette solution n'est pour le moment "pas efficace à 100%". Elle invoque le fait qu'il s'agit du premier déploiement d'ampleur d'une telle technologie et met en cause la mauvaise qualité des images fournies par ses partenaires, dont l'UEFA et Interpol. Ces mêmes images servent en effet à constituer une base de données de suspects sur laquelle s'appuient les algorithmes du système de reconnaissance faciale. Depuis sa mise en place, le système a conduit à 450 arrestations.

Un manque de transparence

Pour perfectionner leur technologie de reconnaissance faciale, les autorités misent sur une meilleure qualité des images sources et sur une mise à jour de l'algorithme qui sous-tend la solution. Des experts s'inquiètent néanmoins du manque de fiabilité du système actuellement déployé. “Ces chiffres montrent que la reconnaissance faciale en temps réel n’est pas seulement une menace pour les libertés civiles, mais un outil dangereusement imprécis pour les forces de l’ordre”, avance Silkie Carlo, directrice de l’organisation de défense des libertés Big Brother Watch, auprès de Wired.

Le Royaume-Uni est loin d'être le seul pays à avoir misé sur un tel système de surveillance. En la matière, la Chine garde une longueur d'avance et dispose de ses propres champions nationaux, dont SenseTime. Quelques 170 millions de caméras ont déjà été installées dans le pays et plus de 500 millions devraient l'être d'ici 2020, selon le plan du gouvernement. Si la proportion de caméras dotées d'outils de reconnaissance faciale reste confidentielle, leur efficacité est avérée. Mi-avril, les autorités chinoises ont mis le grappin sur un homme de 31 ans recherché pour "crime économique". Le suspect a été repéré dans une foule de 60.000 personnes, avant d'être arrêté.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech