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Au Marathon de Paris, courir connecté est presque indispensable

Smartphones pour analyser le parcours, traqueurs d'activité, l’internet des objets peut aider les marathoniens à battre des records.

Smartphones pour analyser le parcours, traqueurs d'activité, l’internet des objets peut aider les marathoniens à battre des records. - AFP

De bonnes jambes, un souffle soutenu et une bonne paire de baskets ne vous suffiront pas pour établir un record ou améliorer vos performances individuelles. Tout bon sportif -même  du dimanche- doit être ultra connecté. La preuve en images.

Ils sont 54.000 à s’élancer ce dimanche 12 avril pour courir le marathon de Paris. Les premiers y vont pour établir une performance sportive. Les autres, bien plus nombreux, chercheront à relever un défi personnel. Et puis, il y a ceux qui ne veulent pas courir pour rien. Ceux pour qui chaque kilomètre de bitume parcouru se traduit en données. Les ultra-connectés seront dans le peloton. Bardés de capteurs insérés dans leurs lunettes, bracelets, T-shirts, chaussures voire même chaussettes, ces marathons-geeks préfigurent les sportifs de demain. Petite revue de détail de leurs accessoires.

Des chaussures pour adapter sa foulée

Les trackers d’activité se glissent partout y compris au fond de nos chaussures, tel le FootLogger développé par 3L Labs. Ce capteur dispose d’un accéléromètre à trois axes avec huit capteurs de pression différents. D’une autonomie de 24 heures – un marathon se court en 6 heures pour les sportifs entraînés les moins rapides-, il peut enregistrer les informations sur 50.000 pas. Il enregistre tout un tas de paramètres sur le parcours, la vitesse moyenne, le nombre de foulées, le nombre de calories brûlées. Bien paramétrée, l’application peut même vous donner en temps réel des informations sur votre rythme de course.

Des chaussettes qui vous informent sur votre vitesse

Des fonctions que l’on retrouve également dans les chaussettes Sensoria. Associées à un anneau détecteur à porter à la cheville, ces chaussettes intelligentes sont munies de capteurs e-textiles tissés dans la matière de la chaussette elle-même. Connectées à un smartphone, les chaussettes remontent comme les chaussures des informations relatives aux déplacements (vitesse moyenne, distance parcourue, dénivelé, nombre de calories, etc). L’application est également capable d’analyser la pression des pieds du coureur pour aider le sportif à optimiser sa foulée.

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- © Sensoria

Des lunettes connectées pour filmer sa performance

Ils seront au moins deux, journalistes du magazine de l’Usine Nouvelle, à arpenter les rues parisiennes chaussés des toutes nouvelles lunettes connectées du fabricant Archos. Légères et profilées, ces lunettes sont munies d’une caméra 1 megapixel et d’une mini carte de stockage pour enregistrer plus de deux heures de vidéo. D’une simple pression du doigt sur l’une des branches, le coureur déclenchera ou stoppera l’enregistrement. Un accessoire qui sera commercialisé moins de 100 euros.

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- © Archos

Une batterie qui se charge avec votre foulée

Les plus fous pourront récupérer l’énergie de leurs foulées pour recharger leur téléphone ou leur appareil photo. C’est en tout cas ce que promettent plusieurs startups. Celles-ci travaillent sur de nouveaux types de chargeurs capables de récupérer l’énergie cinétique, c’est-à-dire l’énergie dégagée par les mouvements du coureur. Parmi les projets en cours de finalisation figurent Infinity Cell, une coque pour smartphone qui va recharger automatiquement l’appareil au rythme de vos pas (course, marche ou vélo). Citons également Ampy, un petit boîtier qui se glisse dans une poche ou se clipse. Lui aussi charge sa batterie au rythme des mouvements du jogger. Il faut compter une demi-heure de footing pour récupérer trois heures de batterie.

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- © Ampy

Des casques audio pour améliorer sa course? Intégrer des capteurs biométriques aux casques audio, tels sont les derniers défis relevés par tous les fabricants. Le principe? Récupérer les pulsations cardiaques mais également le nombre de foulées, le temps de contact du pied avec le sol grâce à un système intra-auriculaire et d’envoyer ces informations vers un smartphone. Le Parrot Zik Sport embarque un cardiofréquancemètre, un gyroscope et un accéléromètre. Un système de coussinet permet à l’ensemble de maintenir une certaine stabilité pendant la course.

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- © Parrot

Des T-shirts qui vous informent en temps réel sur vos performances

Après les chaussures, les T-shirts. Cela va devenir à coup sûr la grande tendance des deux années à venir dans le monde de la santé mais également dans l’univers du sport. Des dizaines de micro capteurs, de composants électroniques hyper fins et flexibles vont être incorporés directement dans les fibres du tissu à l’intérieur du vêtement. Parmi les fonctions proposées et dont les données seront envoyées à un smartphone figurent un accéléromètre, un cardiofréquencemètre, un altimètre, un GPS … Ce qui permet de suivre sa progression séance après séance. C’est une entreprise lyonnaise créée en 2008, Citizen Sciences, qui a mis au point cette technologie baptisée smartsensing.

Un Sweat shirt pour rester en rythme

Les plus frileux pourront courir avec le HoodieBuddy, un sweat-shirt qui embarque une prise jack cachée dans la poche. Celle-ci permet de brancher un lecteur mp3. Les écouteurs sont eux intégrés aux cordons du pull

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- © HoodieBuddy

Un sac à dos pour laisser les Kenyans sur place

On terminera ce tour d'horizon avec cette incroyable technologie qui risque d’aider certains sportifs à battre des records. Reste à l’homologuer pour les compétitions, ce qui n'est pas gagné. Le projet est issu des travaux d’ingénieurs américains, qui ont mis au point un jetpack. Ce sac à dos doté de propulseurs va aider n’importe qui –non pas à voler- mais à courir à 25 km/h de moyenne. Des réacteurs dorsaux, comme des mini réacteurs d’avion, vont ainsi propulser le coureur en avant, en lui faisant gagner en rapidité tout en économisant ses forces. Sur les tests, sur 200 mètres des sprinters arrivent à gagner 3 secondes, ce qui est énorme, surtout en portant sur le dos cet équipement qui fait quand même 5 kilos. Sur des distances plus longues c’est plus compliqué dans la mesure où il faut tout de même supporter le poids de l’équipement.

Frédéric Simottel