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Attaquée en justice en France, la start-up Heetch accélère à l'étranger

La start-up espère ainsi lancer son application dans une nouvelle ville européenne tous les 2-3 mois d’ici la fin de l’année.

La start-up espère ainsi lancer son application dans une nouvelle ville européenne tous les 2-3 mois d’ici la fin de l’année. - Bertrand Guay-AFP

"Après la Pologne fin 2015, la start-up lancera en Suède en mai 2016 son service de transport de personnes par des chauffeurs non-professionnels. Elle reste convoquée le 22 juin 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris."

Nul n'est prophète en son pays. Traînée en justice en France, la startup française Heetch se développe en Europe. Elle va ouvrir son service Internet de transport de personnes à Stockholm (Suède) début mai 2016. "Nous connaissons parfaitement les problématiques de cette ville réputée chère, et sommes convaincus de l'intérêt que peut représenter Heetch pour les étudiants suédois" déclare Teddy Pellerin, co-fondateur de la start-up.

Pour l'entreprise, ce déploiement en Suède fait suite au lancement de sa plate-forme fin 2015 à Varsovie en Pologne. La start-up espère lancer son application dans une nouvelle ville européenne tous les 2 à 3 mois d’ici la fin de l’année, notamment en Europe du Sud. 

Cette accélération de son développement à l'étranger intervient alors qu'en France, l'essor de l'entreprise, qui a lancé son application mobile en 2013, est menacé par les actions en justice intentées contre elle. En janvier 2016, les dirigeants de Heetch étaient mis en garde à vue pour exercice illégal de la profession de taxis.

Les dirigeants de Heetch joueront leur va-tout le 22 juin 2016

Ils seront jugés devant le tribunal correctionnel de Paris, le 22 juin prochain, pour "organisation illicite de mise en relation" avec des chauffeurs non taxis ni VTC et pour "complicité d'exercice illégal de la profession de taxi et "pratique commerciale trompeuse". 

Début mars 2016, BFM Business révélait que la fédération nationale des taxis (FNDT) avait transmis par huissier aux filiales françaises de Google et d’Apple une "notification valant mise en demeure" pour leur demander de ne plus distribuer sur leurs magasins en ligne l’appli Heetch qui, selon eux, est illégale.

Teddy Pellerin, cofondateur, estime au contraire que son service n’est en rien illicite. Il assure que le service est une offre "collaborative" permettant de "partager des trajets entre particuliers". Quant au prix des prestations, il rappelle qu’aucun tarif n’est imposé. "Les passagers sont libres de choisir le montant qu'ils versent au chauffeur". Ce sera à la justice d’en décider en juin 2016.

Heetch propose une mise en relation de conducteurs non-professionnels et d’usagers qui partagent des trajets moyennant un dédommagement contribuant à l’amortissement et au partage des frais du véhicule. En moyenne, selon la start-up, les chauffeurs percevraient 1.850 euros par an, le montant étant plafonné à 6.000 euros par an par la plate-forme. Ce plafonnement vise à lui permettre d'être considérée comme une société œuvrant dans l'économie du partage (comme Blablacar) et non comme un service de VTC.

Frédéric Bergé