BFM Business

Apple en procès pour entente sur le prix des livres électroniques

Apple est accusé d'avoir provoqué une des prix des "e-books", grâce à une entente avec les grands éditeurs, au détriment des consommateurs américains.

Apple est accusé d'avoir provoqué une des prix des "e-books", grâce à une entente avec les grands éditeurs, au détriment des consommateurs américains. - -

La firme à la pomme est accusée d’avoir influencé un cartel de cinq grands éditeurs pour augmenter le prix des livres électroniques. L’entente se serait faite au détriment des consommateurs. Le procès s’ouvre ce lundi 3 juin aux Etats-Unis.

Mauvaise passe pour Apple. Soupçonné d’évasion fiscale par le Congrès américain, menacé par le succès de son concurrent coréen Samsung, le géant californien se retrouve en justice cette semaine, pour un procès susceptible de ternir un peu plus son image.

Le groupe informatique comparaît ce lundi devant la justice à New-York, pour un procès qui doit durer trois semaines. Apple est soupçonné de s’être entendu avec cinq grands éditeurs sur le prix des livres électroniques aux Etats- Unis, au détriment des consommateurs.

Apple est seul sur le banc des accusés : les cinq maisons d’édition ont préféré passer un accord amiable avec les autorités. Le Français Hachette, les Américains HarperCollins (groupe News Corp) et Simon and Schuster (CBS), le Britannique Penguin (Pearson) et une filiale de l'Allemand Bertelsmann, Macmillan, ont tous accepté de modifier leurs pratiques et de verser au total quelque 170 millions de dollars d'amendes et de dédommagements pour les consommateurs lésés.

Prix en hausse, fixés par les éditeurs

L’entente aurait pris forme en 2010, peu avant la sortie de l’iPad. Le marché des "e-books" était alors dominé par le Kindle, la "liseuse" d’Amazon. Le distributeur en ligne payait alors un prix de gros aux éditeurs et fixait librement celui de la revente au détail. Mais à 9,99 dollars, ce prix était jugé trop bas par les éditeurs, inquiets pour leurs bénéfices.

L’arrivée d’Apple a bouleversé le modèle économique en place. En coordination avec le groupe de feu Steve Jobs, les éditeurs ont fixé les prix de vente eux-mêmes et ont décidé de reverser une commissions aux distributeurs : 30% pour Apple.

Résultat, le prix des livres électroniques a grimpé, pour s’établir en 12,99 et 14,99 dollars. Soit un surcoût pour les consommateurs, estimé à plusieurs "dizaines de millions de dollars" par l’accusation.

Pour le ministère de la Justice américain, Apple savait dès le départ que les acheteurs seraient pénalisés. L’accusation s’appuie notamment sur un message aux éditeurs de Steve Jobs. Il parle d’un "modèle (…) où vous fixez le prix et où nous avons 30% et où, oui, le consommateur paye un peu plus".

Apple "n'a rien fait de mal"

Tim Cook, le nouveau patron d’Apple, assure que son groupe n’a "rien fait de mal" et compte "se battre". Dans un document transmis à la justice, Apple évoque des "conclusions déraisonnables à partir d’un patchwork de preuves ambiguës".

Le groupe explique avoir "agi de manière indépendante" et se targue même d’avoir ouvert le marché à la concurrence, en remettant en cause la position dominante d’Amazon.

Romain Fonsegrives avec AFP