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Altice: une pause dans les rachats

Dexter Goei, le directeur général d'Altice, préconise un répit pour désendetter le groupe à l'aide des bénéfices dégagés par les sociétés qu'il détient.

Dexter Goei, le directeur général d'Altice, préconise un répit pour désendetter le groupe à l'aide des bénéfices dégagés par les sociétés qu'il détient. - Fred Dufour-AFP

Le directeur général d'Altice préconise une pause dans les achats et prévoit en 2016 d'accélérer le lourd désendettement de la maison-mère. A moins qu'une nouvelle opportunité se présente ?

La boulimie d'Altice va-t-elle connaître une pause digestive ? Dexter Goei, le directeur général de la maison-mère de SFR-Numericable, a très envie de lever le pied quelques temps, si l'on en croit ses déclarations à Bloomberg.

Altice vient de réaliser un gros coup sur le marché américain en mettant la main sur le câblo-opérateur Cablevision pour 17,7 milliards de dollars. Ce rachat va creuser la dette déjà abyssale d’Altice, estimée à plus de 30 milliards d’euros avant cette opération.

"Nous devons à nos investisseurs une pause dans le rythme des acquisitions, en particulier sur les plus grosses cibles", a déclaré l'homme en charge des finances pour tout le groupe de Patrick Drahi.

L'hypothèse d'un rachat de Cox à l'étude ?

Quant à la durée de la pause, elle pourrait aller de quelques mois à quelques années. "Six à neuf mois, ce n'est rien. Nous pourrions faire une pause de deux ans parce que nous avons encore une capacité énorme de croissance organique", a déclaré Dexter Goei.

L'entreprise est entrée dans une phase où ses flux de trésorerie disponibles croissent en s'accélérant, ouvrant la voie à "une politique de désendettement très agressive en 2016," a-t-il affirmé. Cette stratégie est rendue possible par la politique de réduction drastique des coûts appliquée dans les différentes entités du groupe, notamment chez Numericable-SFR et elle porte ses fruits en dopant les bénéfices.

Mais, la pause souhaitée par le bras droit de Patrick Drahi, dans la frénésie de rachats d'Altice, pourrait connaître une exception de taille. "Le seul élément qui pourrait nous amener à réfléchir serait que Cox déclare qu'il est à vendre au plus offrant" a-t-il prévenu, ouvrant la porte à une hypothèse éventuelle de rachat du troisième câblo-opérateur américain.

Cox n'est pourtant pas à vendre actuellement. Alors, "stop" ou "encore" pour la frénésie d'acquisitions d'Altice ?

Frédéric Bergé