BFM Business

Alibaba entre au capital du champion chinois de la reconnaissance faciale 

Les solutions de SenseTime sont utilisées à des fins sécuritaires, pour l'identification de "suspects" ou le contrôle de la circulation à partir des flux d'images de caméras de surveillance.

Les solutions de SenseTime sont utilisées à des fins sécuritaires, pour l'identification de "suspects" ou le contrôle de la circulation à partir des flux d'images de caméras de surveillance. - Ed Jones-AFP

SenseTime, a levé 600 millions de dollars auprès d'investisseurs parmi lesquels le géant de l'e-commerce Alibaba. Sa technologie de reconnaissance faciale est aussi testée par la police chinoise pour "contrôler" la population.

La reconnaissance faciale en Chine est soutenue par les autorités gouvernementales et par les investisseurs. La pépite du domaine, la start-up SenseTime, dont les solutions technologiques sont testées par la police chinoise, va pouvoir accélérer ses développements grâce à une levée de fonds, exceptionnelle par son montant: 600 millions de dollars s oit 488 millions d'euros. Outre le géant chinois de l'e-commerce Alibaba, le fonds souverain singapourien Temasek et le distributeur chinois d'électroménager Suning ont également participé à la levée de fonds.

"Ce financement élargit nos moyens pour (proposer) davantage d'applications industrielles", a commenté le directeur général de la start-up, Li Xu. Selon Bloomberg, le tour de table valorise SenseTime, fondée en 2014, à hauteur de 3 milliards de dollars (2,44 milliards d'euros), ce qui constitue un record pour une start-up dans le domaine de l'intelligence artificielle et la reconnaissance faciale.

Sa reconnaissance faciale a un très faible taux d'erreur

La jeune société chinoise a mis au point un système d'une redoutable efficacité. Il est capable de reconnaître et d’identifier à partir de caméras de vidéosurveillance les passants ou les voitures circulant dans la rue ou les lieux publics, avec un taux d’erreur extrêmement faible (0,001%), grâce à sa maîtrise de l'intelligence artificielle, et aux images haute définition ainsi capturées en les comparant avec celles d'un fichier de photos d'identité.

Pour les autorités chinoises, ce type de technologie sert ses desseins de contrôle de la population et de la délinquance et elles voient d'un très bon oeil l'essor de start-up nationales dans le domaine la biométrie. L’obligation pour tout citoyen chinois de 16 ans révolus d’être enregistré auprès des autorités avec une photo d’identité, alimente déjà un fichier national et centralisé de la population. Or, ces données peuvent être croisées avec les images haute définition capturées par la reconnaissance faciale si celle-ci était déployée dans tout le pays.

Les solutions de SenseTime sont testées par la police

Les solutions de SenseTime sont déjà testées -entre autres- par la police de Canton (sud) ou du Yunnan (sud-ouest) à des fins sécuritaires, pour l'identification de "suspects" ou le contrôle de la circulation à partir des flux d'images de caméras de surveillance, omniprésentes dans les villes chinoises.

Mais les logiciels de reconnaissance faciale mis au point par SenseTime intéressent aussi au plus haut point les entreprises privées. Alibaba mise sur l'intelligence artificielle et de puissants algorithmes pour exploiter ses vastes bases de données, mieux administrer ses campagnes publicitaires et les interactions entre ses plateformes électroniques et ses magasins en dur.

SenseTime collabore par ailleurs avec Suning pour concevoir, dans les magasins de cette chaîne de magasins d'électronique, des guichets automatisés basés sur la reconnaissance faciale. Elle assure travailler également avec le géant américain des microprocesseurs Qualcomm qui est entré dans son capital en 2017.

Frédéric Bergé