BFM Business

Reconnaissance faciale: la police chinoise utilise ces lunettes pour traquer les délinquants en fuite

Dans la ville de Zhengzhou, la police ferroviaire a arrêté 33 personnes grâce à des lunettes de reconnaissance faciale. Elles sont connectées à une base de données de photos de personnes recherchées que le policier emporte avec lui sur le terrain.

En Chine, la reconnaissance faciale commence désormais à être utilisée par la police pour arrêter les délinquants alors qu'en Europe seules quelques expérimentations ont lieu comme à Berlin pour lutter contre le terrorisme. Dans l'empire du Milieu, on teste déjà la vidéosurveillance par caméras reliées à des bases de donnée pour identifier les piétons et les voitures avec un taux d’erreur très faible (0,001%), grâce à des logiciels et aux images haute définition capturées.

La Chine pousse cette technologie un cran plus loin dans la surveillance des foules. Elle commence à équiper des unités mobiles de la police de lunettes douées de fonctions de reconnaissance faciale. Ainsi dotée, la police ferroviaire de la ville de Zhengzhou (4,8 millions d'habitants) repère dans la foule circulant dans la gare principale, les personnes recherchées en les comparant avec des bases de données de personnes fichées et recherchées.

Un dispositif en test

Le Quotidien du peuple (média gouvernemental) a présenté ce dispositif comme un moyen d'aider les autorités pendant la transhumance annuelle liée au Nouvel An lunaire qui débutera le 16 février 2018, lorsque des dizaines de millions de voyageurs chinois envahiront les gares et les aéroports.

Contrairement aux caméras fixes de vidéosurveillance qui sont reliées par internet à des grandes bases données centrales, les lunettes de la police de Zhengzhou sont reliées à des bases de personnes recherchées stockées dans une petite mallette portative que l'agent avait avec lui.

La société chinoise LLVision a fourni la technologie à la police.
La société chinoise LLVision a fourni la technologie à la police. © -AFP

Le système permet, selon la société chinoise LLVision Technology, qui a mis au point ce dispositif, d’identifier une personne en 100 millisecondes en utilisant une base de données comprenant 10.000 profils à hauts risques.

Déjà 33 suspects arrêtés grâce aux lunettes connectées

Grâce à ce système d'identification faciale, sept personnes recherchées pour des affaires criminelles, et 26 autres qui voyageaient sous de fausses identités ont pu être interceptées, selon les autorités chinoises, promptes à vanter l'efficacité de leur technologie dans la chasse aux délinquants.

Ces dispositifs technologiques apportent certes à la police chinoise la réactivité qui lui fait défaut lorsqu'elle identifie des suspects sur des caméras de vidéosurveillance fixes qui laissent le temps aux suspects de se fondre dans la foule. Mais, en Chine, en l'absence de cadre réglementaire protégeant la vie privée des citoyens, ces systèmes de vidéosurveillance généralisée, à l' efficacité redoutable, ont de beaux jours devant eux.

Frédéric Bergé