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Airbnb banni de New York?

Le gouverneur de l'État de New York devrait promulguer le mois prochain une loi infligeant une amende de 7.500 dollars aux hôtes continuant à louer illégalement leur logement via Airbnb. Le groupe californien espère encore amadouer les autorités avec des contre-propositions.

"Airbnb se bat pour sa survie dans la grande pomme". Voilà comment le Financial Times résume la situation. Pourtant le très sérieux quotidien britannique des affaires n'a pas pour habitude de faire dans le mélo. C'est dire combien la menace qui plane sur Airbnb à New York est grande.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo planche, en effet, sur un projet de loi locale qui imposerait une amende de 7.500 dollars à n'importe quel hôte qui proposerait une location de court terme (moins de 30 jours) de son appartement ou de sa maison via le site internet. Dans les faits, ce type de location est interdit depuis 2010 dans la ville de New York. Mais les professionnels de l'hôtellerie constatent, non sans dépit, que les offres d'appartements à Manhattan continuent de fleurir sur AirBnb. La loi instituant une amende dissuasive aux contrevenants signerait donc une fois pour toute l'arrêt de mort dans New York d'Airbnb. 

Les concessions d'AirBnB

Le géant californien espère encore pouvoir amadouer les autorités. Il lui reste 9 jours avant que la loi soit officiellement promulguée. AirBnb a ainsi proposé d'introduire une nouvelle règle, à compter du 1er novembre, qui limiterait à une seule le nombre de locations pouvant être proposées par un hôte. De plus, la start-up californienne propose également de créer un registre des hôtes Airbnb afin d'aider les autorités new-yorkaises à traquer les fraudeurs. Selon le New York Times, Airbnb compterait même créer une hotline pour permettre aux New-Yorkais de dénoncer leurs voisins! Le groupe assure au passage avoir déjà retiré de ses listings plus de 3.000 propriétaires qui proposaient plusieurs locations.

Enfin, Airbnb a affirmé mercredi 19 octobre qu'il souhaitait payer la taxe de séjour à New York, estimant que la ville pourrait y gagner 90 millions de dollars. L'ensemble de ces concessions vise en fait à répondre à une partie des critiques qui accusent le groupe de faire de la concurrence illégale aux hôteliers de la ville. D'autres détracteurs estiment qu'Airbnb fait monter artificiellement le niveau des loyers à New York.

Mais ces efforts risquent fort de ne pas suffire. Linda Rosenthal, une élue new-yorkaise qui a co-écrit le projet de loi anti-AirBnb, affirme ainsi au Financial Times que le compte n'y est pas. "Le fraudeur n'a pas à faire la loi", affirme-t-elle, ajoutant que les mesures annoncées par le groupe "ne suffisent pas". "Le point le plus hypocrite c'est quand Airbnb ose affirmer qu'ils permettent au New-Yorkais moyen de boucler ses fins de mois", s'énerve-t-elle.

Julien Marion