BFM Business

Sébastien Bismuth (Jennyfer, Célio): les gros commerçants "ont été mis de côté"

Sur BFM Business, le président associé des deux enseignes d'habillement estime que les aides ne sont adaptées qu'aux "petits commerçants".

Stocks, fonds de solidarité étendu aux frais fixes, chômage partiel, PGE..., le gouvernement a mis en place un solide arsenal pour soutenir les commerces fermés ou impactés par les confinements mais pour Sébastien Bismuth, président associé des marques Jennyfer et Célio, le compte n'y est pas.

En réalité, ça suffit pour les petits commerçants, commente le dirigeant ce mardi sur le plateau de Good Morning Business. Les stocks, c'est pour les entreprises de moins de 50 personnes, le fonds de solidarité, c'est 20% du chiffre d'affaires jusqu'à 200.000 euros, le remboursement des frais fixes c'est nouveau mais pour l'instant on n'est pas éligible car il faut perdre plus de 50% de son chiffre d'affaires (ce qui n'est pas le cas du groupe NDLR), la prise en charge des loyers, on n'a aucune annonce, il faut attendre l'accord de l'Europe".

"La seule aide, c'est le PGE et c'est une dette"

"Il faut nous aider, poursuit Sébastien Bismuth. Le sentiment qu'on a avec mes collègues de l'Alliance du commerce, on a l'impression d'être mis de côté et d'entendre parler que des petits commerçants qu'on respecte mais nous sommes à la base des petits commerçants".

"La seule aide qu'on a eu, en un an, c'est le PGE et le PGE, c'est une dette", se désole le dirigeant. Avec les autres crédits, "on va devoir rembourser entre 12 et 15 millions d'euros par an à partir de 2022 ce qui correspond à notre investissement annuel, comment on va faire?", s'interroge Sébastien Bismuth.

Ce dernier estime qu'un accord avec le gouvernement est proche, "on en a besoin".

Toujours sur BFM Business, Alain Griset, le ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises conteste un peu ce point de vue.

"Dire qu'il n'a rien eu, c'est pas vrai. Dans tous les cas de figure, il y a l'activité partielle, il y a les PGE. Par ailleurs, c'est vrai que le fonds de solidarité a beaucoup évolué (...) avec les dispositifs de frais fixes qui permet pour les entreprises de plus de 50 salariés d'avoir jusqu'à 70% des frais fixes limités à 10 millions d'euros. Donc il y a aura pour Jennyfer et pour d'autres ces soutiens. Et nous avons également annoncé pour les magasins des centres commerciaux la prise en charge du loyer. Tout ça va se faire".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business