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Renault-Nissan: pas de changement d'actionnariat en vue

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- - Kazuhiro NOGI / AFP

Le ministre de l'Economie et des Finances assure qu'une modification de l'actionnariat au sein de l'alliance Renault-Nissan n'est pas à l'ordre du jour.

«Un rééquilibrage actionnarial, une modification des participations croisées entre Renault et Nissan n'est pas sur la table», assure le ministre de l'Economie dans le Journal du Dimanche.

«Nous sommes attachés au bon fonctionnement de cette alliance qui fait sa force». Pour le ministre, la préservation de cette alliance est d'autant plus nécessaire que l'industrie automobile est confrontée à un double défi technologique, celui des batteries et du moteur électrique et celui des véhicules autonomes. «Les constructeurs qui s’en sortiront seront ceux qui auront les moyens de financer des investissements considérables dans ces deux domaines», souligne le ministre.

Selon Bruno Le Maire, les collaborateurs envoyés au Japon pour sonder les autorités japonaises et les dirigeants de Nissan en sont revenus avec la conviction qu'ils étaient tous attachés à l'alliance. «Ils nous ont confirmé que le Japon, comme la France, sont attachés à la préservation du premier constructeur automobile au monde», assure le ministre de l'Economie et des Finances.

De son côté l'agence Nikkei assure que la délégation composée de représentants de Renault et de l'Etat français qui s'est rendue au Japon aurait fait savoir à Tokyo que Paris souhaitait procéder à l'intégration de Renault et Nissan dans une nouvelle structure coiffée par une holding. La délégation française aurait également déclaré vouloir désigner le successeur de Carlos Ghosn à la présidence de Nissan. Aucun commentaire n'a pu être obtenu pour le moment auprès du constructeur automobile japonais.

La question du remplacement de Carlos Ghosn à la tête de la marque au losange aurait également été abordée à Tokyo. Les jours de l'homme d'affaires franco-libanais à la tête de Renault sont en effet comptés. "Nous avons toujours dit que si Carlos Ghosn était durablement empêché de diriger l’entreprise, il faudrait mettre en place une nouvelle gouvernance solide et pérenne", rappelle Bruno Le Maire dans le Journal du Dimanche. Nous y sommes.

Evincé de la présidence de Nissan après son arrestation le 19 novembre au Japon pour des soupçons de malversations financières, Carlos Ghosn a vu sa récente demande de libération sous caution rejetée par un tribunal de Tokyo. Sa détention risquant bien de se prolonger plusieurs semaines voire plusieurs mois, la question de son remplacement s'impose donc.

Un conseil d'administration de Renault prévu dans les prochains jours

«Nous avons donc demandé une convocation du conseil d’administration qui devrait se tenir dans les prochains jours (...) Le principe de la présomption d’innocence doit s’appliquer (...) Mais il y a aussi les intérêts de Renault et de l’alliance. Une entreprise de cette envergure a besoin d’une gouvernance solide et stable", souligne le ministre de l'Economie dans le JDD. Il assure que l'ambassadeur de France au Japon a des contacts réguliers avec Carlos Ghosn, qui est tenu informé des décisions du gouvernement.

Alors qui pour remplacer Carlos Ghosn à la tête de Renault? Le nom de Jean-Dominique Senard, président de Michelin est cité comme successeur potentiel de Carlos Ghosn. Bruno Le Maire botte en touche: «l’État actionnaire se prononcera», Il concède toutefois: «Ce que je peux dire, c'est que Jean-Dominique Senard a une compétence reconnue dans le secteur automobile. Chez Michelin, il a démontré sa capacité à réussir à la tête d’un grand groupe industriel et il a une conception sociale de l’entreprise à laquelle je suis personnellement attaché».

D'autres noms circulent: celui de Thierry Bolloré, qui assure actuellement l'intérim à la direction de Renault, et celui de Didier Leroy, ancien de Renault devenu numéro 2 de Toyota. Réponse attendue dans les prochaines semaines.

Sandrine Serais