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Prêt garanti par l'Etat: Conforama menacé par l'inertie de BNP Paribas selon les syndicats

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- - DENIS CHARLET / AFP

Pénalisée par la crise sanitaire, l'enseigne a demandé à bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat qu'elle ne s'est toujours pas vue accorder. Les syndicats accusent BNP Paribas de faire preuve de mauvaise volonté. Ce que dément catégoriquement la banque.

Les syndicats Force Ouvrière, CGT et CFE-CGC de Conforama alertent dans des communiqués distincts ce samedi sur les difficultés d'accès de l'enseigne à un prêt garanti par l'État, une des quatre banques, BNP Paribas se faisant "tirer l'oreille". "Qui veut détruire Conforama et 30.000 emplois?" lance FO, qui note que "Conforama commençait à aller mieux après une restructuration lourde" lorsque le confinement "a mis à bas tous les efforts des salariés déjà traumatisés par un PSE pour 1900 d'entre eux".

L'enseigne, qui compte 9000 salariés en France (dont dépendent environ 20.000 emplois chez ses fournisseurs et fabricants) a fait appel à l'État à travers le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI) pour obtenir un prêt garanti par l'Etat, dispositif mis en place pour les entreprises ayant souffert de la crise sanitaire.

"BNP Paribas s'est distinguée le 15 mai en ne participant pas, sans aucune explication, à une réunion organisée par le CIRI, preuve évidente d'un désengagement qui ne veut pas dire son nom", indique FO.

Sans PGE, "la société Conforama devra passer par la cessation de paiement"

Pour sa part, la CFE-CGC souligne que "depuis le début des négociations cette banque fait défaut et exige des garanties incroyables et l'État fait le maximum", passant sa garantie de 80% à 90%. Cette banque semble avoir oublié qu'elle a bénéficié de l'argent de l'État pour un sauvetage à plus de 5 milliards en 2008!", proteste le syndicat des cadres.

Selon lui, "dans quelques jours et sans réponse favorable, la société Conforama devra passer par la cessation de paiement d'après ses dirigeants". "A quoi joue la BNP Paribas?", interroge la CGT. Le syndicat demande au gouvernement "d'agir afin de ramener BNP Paribas à la raison".

BNP se défend

Pour sa part, la banque a rejeté les accusations dans une déclaration envoyée à l'AFP. "Bien que BNP Paribas ne soit pas la banque de Conforama France, nous avions néanmoins récemment accepté de participer aux échanges à la demande du CIRI en support de ce dossier en restructuration depuis plusieurs années", rappelle-t-elle. "Si un nouveau projet industriel et commercial, de long terme et mobilisant les actionnaires actuels ou de nouveaux actionnaires, devait se dessiner, BNP Paribas l'examinerait", a-t-elle souligné.

La banque a assuré que ses équipes sont "mobilisées depuis les premiers jours de la crise afin de trouver des solutions pour ses clients" et qu'elle a traité à ce jour plus de 51.000 demandes de prêts garantis par l'Etat (PGE) pour plus de 12,4 milliards d’euros

La fédération CGT du commerce et des services rappelle que Conforma, "affaibli depuis 2017 à cause des difficultés financières de sa maison mère, le Sud-Africain Steinhoff" a mis en oeuvre un plan de sauvegarde de l'emploi homologué le 27 février dernier, qui "ne pourra être financé si le prêt n'est pas accordé". "Sans ce prêt garanti, Conforama risque d'être livré à un repreneur rapace qui s'empressera de découper en tranches notre entreprise (...) la fin d'une entreprise plus que cinquantenaire plébiscitée par les Français", s'indigne FO. Interrogé, le ministère de l'Economie s'est refusé à tout commentaire. 

P.L avec AFP