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Pour Muriel Pénicaud, le débat sur les 35h "n'est pas posé au bon moment"

Le président des Républicains, Christian Jacob, a appelé "à sortir du carcan des 35h". Mais pour la ministre du Travail, invitée sur BFM Business, ce n'est pas "le sujet du jour".

Le déconfinement va bientôt rimer avec la fin du chômage partiel. C'est le souhait du gouvernement qui promet néanmoins un arrêt progressif du dispositif massivement utilisé.

 "Le chômage partiel, cela concerne aujourd'hui un million d'entreprises sur les 1,3 million qui emploient des salariés dans notre pays" rappelle dans Inside, sur BFM Business, la ministre du Travail Muriel Pénicaud. "Donc c'est énorme et elles ont fait des demandes pour 12,2 millions de salariés donc 6 salariés sur 10. Cela ne veut pas dire que tous vont être en chômage partiel, c'est la demande maximale des entreprises. On va assister à une décrue, je l'espère bien, dans les semaines qui viennent."

"Dans ce contexte là, ce que j'ai demandé, c'est qu'on ne coupe pas brutalement le chômage partiel. On ne l'a pas coupé aujourd'hui, on ne le coupera pas le 1er juin" poursuit-elle. "On va commencer à partir de début juin" à diminuer la part d'indemnisation de l'Etat. Pour quelle part ? "On le décidera avec le président de la République et le Premier ministre dans les jours qui viennent. L'idée, c'est d'être très progressif."
"Il est normal aussi (…) que l'Etat ne continue pas, non plus, une fois qu'il y a la reprise, à payer les salaires des salariés du secteur privé."

Une remise en question du temps de travail ?

L'autre question est de savoir si le temps de travail doit être augmenté pour assurer la reprise économique. Et c'est évidemment le débat sur les 35h qui revient sur la table, relancé notamment par le président des Républicains, Christian Jacob qui appelle à "sortir du carcan des 35h."

La force de la relance est majeure pour assurer l'emploi, reconnaît Muriel Pénicaud. "Si on ne repart pas, ou si on repart trop timidement, nous n'aurons pas assez de marges de manœuvre pour aider tous les secteurs en difficulté" souligne-t-elle. Mais le temps de travail est "un débat qui n'est pas posé au bon moment" assure la ministre du Travail. "Mon souci numéro 1, il n'est pas que les salariés travaillent plus mais qu'ils retrouvent tous un travail".

"Aujourd'hui, les entreprises ont un quota de 200 heures supplémentaires sans charges sociales et très peu l'ont utilisé en début d'année (en l'occurrence, il s'agit des heures supplémentaires, ndlr). Donc elles ont des marges de manœuvres négociables avec leurs salariés" explique Muriel Pénicaud. "Dans la dynamique actuelle (…) on peut faire beaucoup de choses" et même s'il "faut toujours regarder tous les sujets", la ministre estime que "le sujet du jour, c'est vraiment la reprise de l'activité, la reprise du travail."
Thomas Leroy