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Pour Laurent Berger, Amazon doit payer plus d'impôt mais il ne faut pas "mépriser" ses clients

Laurent Berger va rempiler à la tête de la CFDT.

Laurent Berger va rempiler à la tête de la CFDT. - Stephane de Sakutin - AFP

Le leader de la CFDT a invité les consommateurs à se tourner vers les commerces de proximité plutôt que vers Amazon "qui se (fait) du fric sans payer (sa) fiscalité".

Le leader de la CFDT Laurent Berger a souhaité ce lundi un "Noël avec le moins d'Amazon possible" mais a appelé à ne pas "mépriser" ceux qui y font leurs achats, soulignant que le plus important était de contraindre le géant de la distribution en ligne à payer davantage d'impôts.

Il faut "expliquer au citoyen" que "derrière Amazon, il y a, non pas forcément des conditions de travail plus dégradées que dans d'autres entrepôts mais des gens qui se font du fric sans payer leur fiscalité", a relevé Laurent Berger sur France Inter. Il faut donc "contraindre Amazon à payer sa part de fiscalité au bien commun", de préférence via une imposition de ses bénéfices "sur le long terme", plutôt que par une taxe spéciale, selon lui.

"Ne pas oublier non plus qu'Amazon ce sont des travailleurs"

Interrogé sur différents appels à boycotter le distributeur en ligne, le responsable syndical a estimé qu'il fallait "au minimum réduire sa consommation à travers Amazon" et "essayer d'aller plutôt dans les commerces de proximité ou en présentiel". "Je ne commande pas sur Amazon, mais je n'ai pas de mépris pour ceux qui le font", car "il y a aussi des citoyens qui n'ont pas d'autres solutions que de faire appel à ces plateformes" pour se procurer certains articles, a-t-il toutefois ajouté.

"C'est comme le débat sur les librairies: je fréquente les librairies, mais s'il n'y avait pas eu de livres dans les grandes surfaces, je n'aurais pas lu quand j'étais enfant", a encore expliqué Laurent Berger, qui a également appelé à "ne pas oublier non plus qu'Amazon ce sont des travailleurs". "Il n'est pas question de leur jeter l'opprobre, ce sont des milliers de salariés en France, dont il faut tenir compte, c'est aussi leur travail".

Dans une tribune publiée par franceinfo et portée par Attac, une centaine de responsables politiques et syndicaux (mais pas la CFDT), mais aussi des libraires ou des éditeurs ont appelé lundi à imposer une taxe exceptionnelle sur les ventes d'Amazon et "les autres profiteurs de la crise" sanitaire, soulignant "l'urgence de stopper l'expansion du géant du e-commerce".

P.L. avec AFP