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Pierre Pelouzet appelle les grandes entreprises à se financer auprès de l'Etat pour soutenir fournisseurs et TPE

Invité sur BFM Business, le médiateur des relations inter-entreprises également aux commandes du "comité de crise" qui vise à soutenir les entreprises face à la dégradation des délais de paiement, se dit prêt à affronter la "vague" de sollicitations des sociétés qui se retrouvent en difficultés du fait de la pandémie.

En temps normal, la longueur des délais de paiement inter-entreprises constitue l'un des facteurs les plus importants de faillites d'entreprises. A l'heure où la crise sanitaire a mis la France à l'arrêt, bon nombre de sociétés, notamment les plus petites, subissent de façon d'autant plus violente les répercussions financières liées aux retards de paiement.

Dans l'émission Inside ce vendredi, Pierre Pelouzet a tout d'abord tenu à rappeler la gravité de la situation.

"En tant que médiateur des entreprises, j'ai reçu en une semaine l'équivalent de deux mois de saisine. C'est-à-dire que l'on a reçu plus de 200 remontées d'entreprises alors que d'habitude, on en a que quelques dizaines".

Et de poursuivre: "On est prêts à affronter cette vague qui nous arrive et qui monte fortement et on rappelle systématiquement toutes les entreprises pour les prendre en charge, contacter leurs clients ou leurs fournisseurs quand il y a une difficulté et faire une médiation pour que le plus vite possible ces entreprises puissent être payées et sortir par le haut de la difficulté".

Problème de liquidités?

Mais au-delà de la crise économique que subissent les entreprises du fait de l'arrêt de leurs activités, la question de savoir si les problématiques financières qu'elles rencontrent ne seraient pas également liées à un manque de liquidités, se pose également. A cela, le co-gestionnaire du "comité de crise" lancé le 23 mars dernier par Bercy et la Banque de France répond que "non".

"Tout a été mis en œuvre pour qu'elles n'aient pas de problèmes de liquidités", assure Pierre Pelouzet.

"Pouvoir accéder à des prêts garantis par la BPI à hauteur de 90%, ça donne une possibilité pour les petits, pour les moyens et pour les grands - principalement pour les grands – d'aller chercher de la liquidité, de la trésorerie garanties par l'Etat, donc sans que cela leur coûte beaucoup d'argent", détaille-t-il. Lequel appelle les entreprises à davantage se financer auprès de l'Etat, à davantage se financer avec "toutes les aides possibles", pour "préserver" leurs fournisseurs et éviter, in fine, que, par phénomène de cascade, cela "retombe sur les plus petits qui sont les plus fragiles. C'est surtout cela que l'on veut éviter".

JCH