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Coronavirus ou pas, les grands groupes doivent "payer plus tôt" leurs fournisseurs, juge le médiateur Pierre Pelouzet

Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises

Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises - Capture BFM Business

Invité sur BFM Business, Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, est revenu sur les mesures prises par l'exécutif pour soutenir les entreprises tricolores face au coronavirus, mais rappelle que s'il y a bien un point sur lequel il convient de se concentrer, c'est avant tout celui de l'équilibre de leur trésorerie.

"Notre responsabilité c'est de faire en sorte que cet impact soit le plus limité possible et que l'activité économique puisse redémarrer après le virus dans les meilleurs délais possibles". Ce mardi à Bercy, Bruno Le Maire recevait les représentants des entreprises afin de faire un point sur les répercussions du coronavirus sur l'activité des sociétés et d'évoquer plus en détails le renforcement des mesures visant à assurer leur pérennité.

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Invité dans l'émission 12H L'Heure H ce mardi, le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet, dont la mission consiste à soutenir les entreprises et autres organisations publiques dans leurs éventuels litiges, estime que si "de manière générale notre économie continue à se porter bien", certains secteurs se révèlent plus impactés que d'autres par le coronavirus. D'où la nécessité selon lui de mesurer l'efficacité des actions mises en œuvre pour maintenir l'activité des sociétés.

"Le positionnement qui a été pris c'est de regarder tout ce qui va impacter la trésorerie", explique le médiateur.

"Tous les éléments ont été regardés. Evidemment la partie Urssaf, taxes, fiscale avec des étalements possibles. Evidemment la partie prêt bancaire. On a cité la médiation du crédit qu'on connaît bien qui peut aider là-dessus. Moi il y a un point sur lequel je veux insister parce que c'est le gros de la trésorerie, c'est les relations avec les clients et les fournisseurs. C'est : 'combien vous doivent vos clients? Et combien vous devez à vos fournisseurs? (…) Et combien vous doit l'administration?"'.

Limiter les faillites

L'expert le reconnait par ailleurs. Si les délais de paiement (entre 45 et 60 jours) constituent déjà l'une des premières causes de faillites d'entreprises en France, l'épidémie de coronavirus n'arrange en rien la situation des entreprises.

"Notre rôle c'est de jouer là-dessus. C'est d'être saisi par toutes ces entreprises – petites, moyennes, grandes – qui ont des difficultés à se faire payer par leurs clients (…) et là de faire une médiation pour accélérer tout cela. Faire prendre en compte que aujourd'hui, c'est encore pire qu'avant si on se met à payer en retard les fournisseurs et je dirais même plus – pour celles qui en ont encore les moyens – les grandes entreprises qui sont les plus solides, si elles pouvaient payer plutôt un petit peu en avance plutôt qu'en retard, ça serait beaucoup mieux (…) Si on veut une action immédiate, si on veut dire 'demain je donne trente jours de trésorerie aux entreprises', le moyen le plus immédiat c'est que les grands groupes et les administrateurs payent plus tôt", préconise-t-il.
JCH