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Les groupes français sont les plus généreux au monde avec... leurs actionnaires

Les bénéfices du CAC 40 mal partagés depuis 2009, selon un rapport d'Oxfam et Basic

Les bénéfices du CAC 40 mal partagés depuis 2009, selon un rapport d'Oxfam et Basic - Eric Piermont - AFP

Selon les ONG Oxfam et Basic, les groupes du CAC 40 ont redistribué à leurs actionnaires les deux tiers de leurs bénéfices depuis 2009, au détriment des investissements et des salariés.

La France, mauvais élève en matière de partage des profits. C'est du moins ce que pointe un rapport publié ce lundi par les ONG Oxfam et Basic. D'après ce dernier, les groupes du CAC 40 ont redistribué à leurs actionnaires les deux tiers de leurs bénéfices depuis le début de la crise, au détriment des investissements et des salariés.

"La France est le pays au monde où les entreprises cotées en bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires", assure le rapport intitulé "CAC 40: des profits sans partage", réalisé par Oxfam et le Bureau d'analyses sociétale pour une information citoyenne (Basic).

Selon cette étude, les groupes français ont "reversé plus de deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires sous forme de dividende (depuis 2009)", soit deux fois plus que dans les années 2000, "ne laissant que 27,3% au réinvestissement et 5,3% aux salariés".

"Course aux résultats de court terme"

"Les richesses n'ont jamais été aussi mal partagées depuis la crise au sein des grands groupes, qui choisissent délibérément une course aux résultats de court terme pour conforter les actionnaires et les grands patrons au détriment des salariés et de l'investissement", a dénoncé Manon Aubry, porte-parole d'Oxfam France, citée dans le communiqué.

Le sidérurgiste ArcelorMittal, l'énergéticien Engie et le leader mondial de la gestion de l'eau Veolia sont, dans l'ordre, ceux ayant les taux les plus élevés de redistribution des bénéfices en dividendes aux actionnaires, soulignent les deux ONG.

Oxfam et Basic appellent le gouvernement "à reprendre la main sur cette économie déboussolée avec des mesures de régulation ambitieuses", "en préservant la capacité d'investissement et en interdisant que la part des bénéfices reversée aux actionnaires dépasse celle qui est reversée aux salariés".

P.L avec AFP