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Ces PME françaises cotées que les investisseurs préfèrent au CAC 40

La surperformance des petites et moyennes capitalisations par rapport aux grandes valeurs se vérifie une nouvelle fois

La surperformance des petites et moyennes capitalisations par rapport aux grandes valeurs se vérifie une nouvelle fois - Eric Piermont - AFP

Comme tous les ans ou presque, les petites et moyennes capitalisations du marché parisien surperforment les grandes valeurs. Elles profitent cette année de la reprise économique, ainsi que du résultat de la présidentielle française.

Depuis le 1er janvier, l’indice CAC PME (qui suit les performances de 20 à 40 entreprises françaises éligibles au PEA PME) progresse d’un peu plus de 12%, le CAC Small (composé de valeurs de petites capitalisations) de 16,7% et le CAC Mid & Small (composé de moyennes et petites capitalisations boursières) de 16,1% quand le CAC 40 affiche une progression inférieure à 7% (+6,7%).

Par nature, le compartiment des petites et moyennes valeurs est en effet très diversifié et donne accès à des histoires de croissance uniques dont il est possible de profiter en sélectionnant bien les pépites du moment.

Reprise économique

Elles bénéficient aussi davantage que les grandes multinationales d’un environnement économique "local" amélioré. "Les valeurs domestiques, compte tenu de la reprise en Europe et notamment en France, en profitent davantage que les valeurs du CAC 40 plus exposées à l’international et à la faiblesse du dollar", explique en effet Harry Wolhandler, directeur général délégué d’Amilton Asset Management.

D’un côté, "l’indice phare de la Bourse de Paris est pénalisé par les parcours décevants de poids lourds de la cote tels que Total, du fait de l’évolution négative des prix du pétrole, Carrefour, dont la situation reste problématique, ou encore Sodexo, dont les résultats semestriels étaient mitigés", explique le gérant.

Une vague de fusions-acquisitions

Alors que dans le même temps, "les small caps profitent toujours d’une dynamique assez positive avec la reprise de l’économie européenne et la recrudescence des opérations de fusion-acquisition avec un certain nombre d’opérations réalisées depuis le début de l’année", poursuit M. Wolhandler.

Il cite ainsi la sortie de la cote de CIC (avec une jolie prime à la clé), le rachat de la participation majoritaire de Bolloré dans Havas, et les dernières acquisitions du distributeur de produits pétroliers Rubis ou du spécialiste de la lingerie professionnelles Elis.

De même, les ESN (Entreprises de Services du Numérique, les ex-SSII) poursuivent les acquisitions de croissance externe de façon récurrente, à l’image de SQLI qui vient de racheter une agence digitale en Suède, ou de Visiativ qui vient de finaliser l’acquisition de Spread, éditeur 100% SaaS (software as a service)

Peut-on parler d'effet Macron ?

Enfin, il ne faut pas négliger cette année la composante politique dans la bonne performance des petites et moyennes capitalisations. Pour Harry Wolhandler, "l’élection d’Emmanuel Macron génère en effet vraisemblablement un impact positif avec notamment le retour des flux acheteurs en provenance des pays anglo-saxons, l’anticipation d’une baisse du taux d’imposition pour les sociétés très exposées à la France et un climat des affaires qui s’améliore".

Un avis que partagent Frédéric Rozier et Yann Azuelos, gestionnaires de portefeuille chez Mirabaud, pour qui "ces valeurs sont en effet les plus sensibles aux changements de politiques fiscales" sur le plan domestique.

Ils font d’ailleurs "le parallèle avec ce qui s’est passé aux Etats-Unis à la suite de l’élection de Trump, lorsque l’indice Russel (des valeurs petites et moyennes américaines) a gagné 15% en quinze jours".

Effet boule de neige

Enfin, il y a aussi un phénomène de mode alors que beaucoup de sociétés de gestion se sont créées et ont lancé des fonds sur ce marché de niche qui se tient très bien depuis plusieurs années. "Ce sont des fonds qui ont énormément collecté parce que les performances passées étaient bonnes. Aujourd’hui les plus gros flux se concentrent sur l’univers des small et mid caps avec un effet d’entraînement ou boule de neige", notent Frédéric Rozier et Yann Azuelos.

Il y a eu "un retard à l’allumage de la thématique PEA-PME au moment où le dispositif fiscal a été lancé en 2014, qui a été largement rattrapé depuis avec la taille critique atteintes par ces fonds spécialisés", concluent-ils.

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François Berthon