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Les défaillances d'entreprises en faible recul depuis le début de l'année

Le nombre de défaillance d'entreprises a baissé de 2,3% sur les quatre premiers mois de 2014.

Le nombre de défaillance d'entreprises a baissé de 2,3% sur les quatre premiers mois de 2014. - -

Sur les quatre premiers mois de l'année, il y a eu moins de défaillances d'entreprises qu'en 2013 sur la même période. Mais cette baisse n'annonce pas un retournement durable de la courbe des faillites.

Le nombre de défaillances d'entreprises en France a reculé de 2,3% sur les quatre premiers mois de l'année, selon le baromètre de printemps de l'assureur-crédit Coface, présenté vendredi 23 mai. L'étude recense 22.601 cas sur la période.

Mais cette relative accalmie doit être nuancée. Sur les douze derniers mois, le nombre de défaillances reste élevé. Il est de 64.127, soit une hausse de 3,5%. Il s'agit d'un niveau "supérieur au pire moment de la crise de 2009", précise la Coface.

"Pour 2014, s'il y a une légère progression de la consommation, comme nous le prévoyons, nous pouvons tabler sur une très légère baisse du nombre de défaillances, de l'ordre de 0,5%", a estimé Jennifer Forest, économiste chez Coface. L'assureur-crédit prévoit que le nombre de faillites atteindra environ 63.000 entreprises en 2014, contre 63.452 défaillances l'année dernière.

Consommation trop faible

Sur les douze derniers mois, se sont toujours les micro-entreprises (+3,9%) et les très petites entreprises (TPE ; +0,7%) qui sont les plus touchées. Les micro-entreprises représentent d'ailleurs 93% des défaillances sur la période.

A l'inverse, les petites et moyennes entreprises, qui emploient entre 20 et 249 salariés, voient la tendance s'inverser, avec une baisse de l'ordre de 2,8%. Elles restent cependant dans une situation assez fragile du fait "de leur situation financière qui se dégrade assez rapidement, à cause d'un niveau de consommation qui reste trop faible pour améliorer le niveau de défaillances", selon Jennifer Forest.

Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) voient également le nombre des défaillances diminuer de l'ordre de 10,5% sur douze mois, tout comme les entreprises de grande taille, désormais moins affectées. Cela permet d'avoir une baisse de 6,4% de l'impact des défaillances sur l'emploi sur un an, avec 192.771 emplois désormais menacés.

La courbe loin de se retourner totalement

Malgré une croissance nulle de l'économie française au premier trimestre, Coface maintient sa prévision de croissance à 0,8% sur l'ensemble de l'année 2014, a par ailleurs précisé Yves Zlotowski, économiste en chef de l'assureur-crédit. Il a rappelé que la croissance nulle au premier trimestre annoncée par l'Insee était conforme à ce qu'il prévoyait.

"Il y a des menaces sur la consommation, principal moteur de la croissance, en particulier l'austérité budgétaire, mais les socles sont solides, on peut être raisonnablement optimistes concernant une croissance à 0,8%", a-t-il estimé.

Pas suffisant cependant pour inverser durablement la courbe des faillites qui "a besoin en France d'une conjoncture forte. Nous sommes très loin des 1,6% que nous estimons nécessaire pour réduire le nombre de défaillances", a conclu Yves Zlotowski.

M. K. avec AFP