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Les bars pourront-ils rouvrir en même temps que les restaurants?

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a laissé entendre ce mercredi que les bars pourraient rouvrir après les restaurants si la situation sanitaire restait encore fragile le 20 janvier prochain.

La colère gronde dans le secteur de l’hôtellerie- restauration. Mardi, Emmanuel Macron a annoncé que les restaurateurs ne pourront pas rouvrir leurs établissements avant le 20 janvier. Et ce, à condition que la situation sanitaire se soit nettement améliorée d’ici-là, c’est-à-dire avec moins de 5000 contaminations par jour.

Le chef de l’Etat s’est par ailleurs montré particulièrement flou sur le cas des bars et des boîtes de nuit. "Il n’a rien dit sur les bars. C’est comme les discothèques, c’est sine die", regrette Laurent Duc, président de l’Umih 69. Si Gabriel Attal a démenti ce mercredi une information selon laquelle l’exécutif avait prévu de les maintenir fermés au moins jusqu’au 1er février, le porte-parole du gouvernement n’a finalement pas fait preuve de beaucoup plus de clarté lors de son compte-rendu du conseil des ministres:

"Notre souhait, c’est que (les bars) puissent rouvrir le plus rapidement possible, y compris à l’étape du 20 janvier si cela est possible. Mais nous savons aujourd’hui avec certitude qu’à choisir, ce sont les restaurants qui pourront rouvrir parce que le protocole sanitaire a été renforcé et que des garanties ont été données ces derniers mois sur ce sujet", a-t-il dit.

Les professionnels refusent la distinction entre bars et restaurants

Gabriel Attal a fait comprendre que le gouvernement procédera au cas par cas en fonction du type d’établissement. "Un restaurant n’est pas un bar, un bar n’est pas une discothèque et une discothèque n’est pas un parc d’attractions", a-t-il dit. En clair, les bars pourraient rouvrir après les restaurants si la situation sanitaire demeurait fragile au 20 janvier.

Inadmissible pour les professionnels du secteur: "Il y a une incohérence totale sur ce qu’ils sont en train de faire. (…) Les gens vont faire le bar chez les copains et ce sera pire", prévient Laurent Duc. Et de suggérer sans dissimuler son agacement: "Pour les bars, si le problème c’est la consommation debout, faisons la consommation assise et basta!".

De son côté, Franck Trouet, délégué général du GNI Paris Ile-de-France, explique que "le gouvernement a toujours été tenté d’opérer une distinction entre les bars et les restaurants, considérant qu’il y avait plus de dérapage dans les bars et sachant que le traçage y était plus difficile". Il rappelle cependant que les professionnels du secteur "respectent un protocole sanitaire renforcé, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est efficace". "Donc on ne peut pas accepter une distinction entre les bars et les restaurants", affirme-t-il.

Le sort des restaurants "suspendu à l'attitude des Français pendant les fêtes"

Selon lui, une ouverture décalée entre les restaurants et les bars serait incompréhensible. "On va se retrouver avec des distinguos que nous n’acceptons pas", martèle-t-il. Il réclame "l’ouverture de tous nos professionnels, dans le respect du protocole sanitaire". "Et si tel ne doit pas être le cas, nous demandons que les mesures de soutien soit à la hauteur de la situation", poursuit Franck Trouet.

Le délégué général du GNI-Ile-de-France estime enfin que le "sort" des bars et restaurants "est suspendu à l’attitude de nos concitoyens pendant les fêtes de fin d’années". Fêtes pendant lesquelles les acteurs de sa profession ne seront que "spectateurs".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco