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Leboncoin, Meetic et PriceMinister devraient aussi payer la taxe Gafa

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Selon une étude par le cabinet Taj Deloitte, la taxe Gafa devrait concerner 26 entreprises. Si la plupart sont américaines, plusieurs entreprises françaises pourraient y être assujetties.

La taxe Gafa porte-t-elle bien son nom? Apparemment pas, puisqu'elle est loin de concerner seulement les quatre géants du numérique (Google, Amazon, Facebook et Apple) qui utilisent des méthodes d'optimisation fiscales pour amoindrir les impôts qu'ils devraient payer en France. 

Selon une étude du cabinet Taj Deloitte dévoilée par Les Echos, 26 entreprises vont devoir payer la taxe Gafa, qui s'élève à 3% du chiffre d'affaires de la publicité en ligne, de l'utilisation des données personnelles et des ventes réalisées sur les places de marché pour les entreprises dont ses activités dépassent 750 millions d'euros dans le monde et 25 millions en France. Selon Bercy, elle pourrait rapporter 500 millions d'euros.

Dans cette liste réalisée à la demande de l'Association de l'industrie numérique et informatique (CCIA), il y a bien sûr d'autres entreprises américaines (Microsoft, eBay, Twitter, Verizon, Tripadvisor ou Uber) et des entreprises chinoises (Wish et Alibaba).

Des données "hypothétiques"

Mais il y a aussi des entreprises françaises indépendantes comme Criteo spécialiste de la publicité en ligne ou appartenant à des groupes européens: comme Meetic (Match.com), Leboncoin (Schibsted) et Rakuten (anciennement Price Minister). Dans la liste, qui est hypothétique, rappelle Taj, on ne trouve pas, des groupes français comme Accor ou Solocal, qui ne réalisent pas assez de revenus pour figurer dans le palmarès. Dans son étude, Taj n’évoque pas non plus l’e-commerçant français CDiscount.

Mais, comme le précise aux Echos Julien Pellefigue associé chez Taj, cette liste est encore "hypothétique" puisque Bercy n’a pas fourni d’étude d’impact, ni le nombre d’entreprises qui pourraient potentiellement être visées par la taxe Gafa. 

Les représentants des entreprises du numériques, parmi lesquels l'Asic (Association des services internet communautaires) soulevaient récemment les conséquences de la taxe Gafa sur l’industrie du numérique. Cette association proche de la CCIA regrette qu’aucune étude d’impact sur les 40 millions d'utilisateurs de services numériques n’ait été réalisée en France.

Dans un communiqué publié début mars, l’Asic fait référence au rapport de Bénédicte Peyrol, députée LREM, qui soulevait des conséquences financières pour le consommateur. "Il n’est pas impossible (et cela risque même d’être probable) que les entreprises acquittant la taxe sur les services numériques répercutent son coût sur les clients, faisant finalement peser sur eux la charge nouvelle".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco